Nature et Environnement en Nièvre

Nature et Environnement en Nièvre

Les centrales voltaïques ont-elles leur place sur des terres agricoles?

 

 

 

Les centrales voltaïques ont-elles leur place sur des terres agricoles ?

 

C'était le titre d'un article publié dans la catégorie CNAD le 26 février 2012. Je vous invite à le relire. Notre position sur cette problématique n'a pas changée.

On ne peut pas en dire autant de la chambre d'agriculture de la Nièvre. En 2011 elle avait voté une motion sur son opposition à tout projet photovoltaïque au sol sur des terres agricoles.

Le 24 septembre 2020 une majorité * s'est prononcé favorablement sur un projet de son président Didier Ramey destiné à sauver le monde agricole de la sécheresse (cf articles du JDC du 30 septembre et 20 octobre 2020).plutôt décoiffant puisqu'il s'agirait de 4000 ha de panneaux photovoltaïques sur des terres agricoles qui financeraient 309 retenues d'eau (1 par commune) destinées donc à l'irrigation mais aussi lit-on dans le JDC aux pompiers et à la population ??? histoire sans doute de rendre plus acceptable ce projet évalué à un milliard d'euros !

 

On peut déjà s'étonner de ce revirement à 180 degrés de la chambre d'agriculture s'agissant de l'avenir de l'agriculture de la Nièvre. Par ailleurs Cette position est carrément à l'opposé de celle des chambres d'agriculture qui s'expriment dans un communiqué de presse du 30 septembre 2020 sur leur site national : https://www.chambres-agriculture.fr/actualites/toutes-les-actualites/detail-de-lactualite/actualites/mieux-encadrer-le-developpement-des-projets-photovoltaiques-au-sol/

 

S'agissant d'un projet dont nous ne savons rien il est sage d'attendre la suite. Ce dont nous sommes sûrs c'est qu'un parc photovoltaïque n'est pas une activité agricole....Ces installations (si puissance supérieure à 250KW) sont soumises à un permis de construire à une enquête publique et à une étude d'impact. Et elles doivent permettre la continuation d'une activité agricole....

D'autre part penser pouvoir truffer aisément le département de la Nièvre de nouvelles retenues d'eau cf nos articles dans la rubrique Loire vivante du 03/12/2019 « irrigation-stockage de l'eau-bonne solution ou fuite en avant ? » et « les étangs de la Nièvre » relève du vœu pieux.

 

C'est en tout cas une fausse bonne réponse que donne la chambre d'agriculture de la Nièvre à la nécessité de préparer l'agriculture à des sécheresses récurrentes. Faut-il s'en étonner ? C'est aussi une mauvaise réponse à la situation de nos agriculteurs qui sont en grave difficulté parce que ce qu'ils produisent n'est pas payé à son juste prix. Ils seraient « sauvés » en se faisant « producteurs d'énergie » non pour eux-mêmes, en utilisant par exemple leurs toitures mais pour la collectivité...et sur leurs terres dédiées à la production agricole et destinées demain à installer des paysans..Et ce n'est pas parce qu'on mettra ça et là entre les panneaux photovoltaïques quelques moutons ou des ruches que la production principale ne restera pas la production d'énergie.

Le bétonnage et le bitumage font perdre tous les six ans l'équivalent d'un département en terres agricoles, faut-il maintenant en perdre à cause d'une énergie qui peut être développée sur d'autres supports ?

 

 

Tout autre que ce projet de la chambre d'agriculture de la Nièvre qualifiée par la confédération paysanne « d'enfumage » (JDC 28 octobre) est la démarche de l'agrivoltaïsme où les panneaux solaires sont au service des cultures : ils sont placés au-dessus, suffisamment haut pour que les tracteurs puissent circuler au-dessous. Ces panneaux sont amovibles ils peuvent être réglés en fonction des conditions météorologiques, excès de soleil, fortes pluies, gel ..Outre la production sur une même parcelle agricole et électricité ce système permet de produire sans perte et artificialisation de terre agricole et en consommant moins d'eau puisqu'on peut éviter aux cultures les fortes chaleurs. Le bien être de la plante reste la priorité non l'optimisation de la production d'électricité  qui est donc plus faible qu'une centrale au sol.



Cette recherche développée depuis 2009 par Sun'R en collaboration avec l'INRA porte sur les cultures de plein champ viticoles et arboricoles et aux cultures maraîchères sous serre.

 

Sun'Agri et Rgreen Invest ont annoncé vouloir mobiliser 1 milliard d'euros d'ici 2025 pour développer l'agrivoltaïsme. Cette initiative privée, dénommée « Cultivons Demain ! », est soutenue par Banque européenne d'investissement, BPI France et les Chambres d'agriculture de France.

 

https://www.pv-magazine.fr/2020/11/06/sunagri-et-rgreen-invest-lancent-une-initiative-en-faveur-de-lagrivoltaisme-cultivons-demain/

 

https://www.ademe.fr/sunagri-3-0

 

https://www.ademe.fr/sites/default/files/assets/documents/sunagri3.pdf

https://sunagri.fr/

 

 

                                                                      J. Thévenot

 

 

 agrivoltaisme.jpg

 agrivoltaïsme

 

* Sont opposés à ce projet les Jeunes agriculteurs et la Confédération paysanne

 
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19/11/2020
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