Nature et Environnement en Nièvre

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DECAVIPEC-Algues tueuses de Bretagne: les faits sont têtus

Algues tueuses de Bretagne :

 Les faits sont têtus

 

Dans un article de février 2010 DECAVIPEC* dénonçait le laxisme de l’Etat dans ce dossier du combat contre les algues vertes de Bretagne. 18 mois après, les algues ont tué à nouveau : 36 sangliers et 1 ragondin sont bien morts d’œdème du poumon généré par de l’hydrogène sulfuré.

 

Les résultats des analyses sont tombés comme une salve annonçant une reprise du combat des associations qui viennent enfin d’avoir la parole sur nos antennes télévisées. Devant l’ampleur et la réalité de cette  hécatombe les agriculteurs essaient en vain de rejeter l’implication des algues vertes en évoquant un « empoisonnement » non prouvé par les analyses et une « manipulation » des défenseurs de l’environnement.

Les algues vertes ont envahi dès 1971 une plage des Côtes-d’Armor, en 1989 un joggeur est mort sur cette plage, les communes ont commencé à ramasser les algues en 1997, les dépenses de ramassage ont explosé en 2009, à la suite de la mort d’un cheval par œdème du poumon et de l’hospitalisation de son cavalier puis de la mort d’un camionneur transportant les algues.

Début 2010 le cinquième Plan National de lutte contre les algues vertes était mis en place consistant en une aide de 134 millions d’euros. 11 millions sont consacrés au ramassage. Le reste est supporté par les collectivités, communes donc par le contribuable.

Ces sommes ne reflètent pas la réalité : il faut prendre en compte le préjudice économique et touristique de toute la région, ainsi que la charge des traitements en centres spécialisés souvent éloignés du lieu de ramassage**, le coût serait en fait de plus d’un milliard d’euros, la facture est salée pour le contribuable. Le traitement consiste soit en transformation de compost soit en brûlage soit en enfouissement.

Les faits sont têtus : depuis des dizaines d’années les algues empuantissent et défigurent le littoral breton jusqu’à Noirmoutier (Vendée), les plans successifs ne s’attaquent pas à la cause véritable mais ne font qu’agir contre les conséquences : éviter l’exposition du public,  baliser les chantiers de ramassage, protéger les travailleurs et ramasser le plus vite possible (entre 12 et 48 heures) pour empêcher des cas accidentels extrêmes : arrêts cardiaques après œdème pulmonaire. En juillet 2011 la quantité d’algues ramassées s’est intensifiée.

 

La multiplication des autorisations d’élevage intensif du grand ouest a apporté 2 phénomènes :

-          l’alimentation animale ne provient plus de la production agricole localisée mais d’importation de céréales (Bassin parisien) et de soja (Amérique latine).

-          L’épandage des lisiers issus de ces élevages qui ne sont plus nourris aux champs, ces sols reçoivent dix fois plus d’azote qu’avant, faute d’être assimilé par les plantes, l’azote se retrouve dans les nappes phréatiques et les rivières. De 3 mg/l dans les années 50-60 on se retrouve avec des taux dépassant les 40 mg/l. On ferme certains captages d’eau potable et le tout part à la mer, l’azote se transformant en nitrates.

Elémentaire et facilement compréhensible : Plus il arrive de nitrates et plus les algues se repaissent et se développent au détriment des autres végétaux dans les baies fermées. L’agriculture et l’élevage intensifs en sont les causes principales et les différents plans créés sont inefficaces.

Les plaintes contre l’Etat ne concernent plus seulement un problème environnemental mais la mise en danger de la vie d’autrui. Cela va-t-il permettre d’inverser la tendance ? La réponse est bien sûr non, les plans successifs ne se sont attaqués qu’aux conséquences et non aux causes, la FNSEA dicte sa loi aux 2  ministères concernés, les objectifs promis de 2010 par Madame Chantal Jouano et Monsieur Bruno Le Maire: « plus d’algues vertes et aucun risque pour la santé » sont restés sans suite puisque l’Etat ne se résout pas à des contraintes.

L’argent public dépensé doit accompagner une règlementation imposant un changement des pratiques agricoles avec un contrôle strict des épandages de lisier et des élevages, les aides publiques ne doivent plus servir aux conséquences (dénitratation des réseaux, ramassage et traitement des algues) mais aux sources des pollutions agricoles.

 

 

                                                                       Danièle Auclin

 

*  article du 19 février 2010 : «  Une invasion verte, Algues tueuses de Bretagne »

* article de Loire Vivante septembre 2009 : « Bretagne, tiens des algues vertes »…

** Seules 2 stations de traitement sont opérationnelles et saturées dès juillet pour 2011



08/08/2011
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