Nature et Environnement en Nièvre

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DECAVIPEC-Guerre du purin d'ortie: victoire mais recette erronée

Guerre du purin d’ortie : victoire mais recette erronée

 

 

L’arrêté autorisant la commercialisation du purin d’ortie, interdite en France depuis des années, est paru, jeudi 5 mai, au Journal officiel.

 

En avril le Ministre de l’Agriculture a retenu 12 mesures d’un rapport parlementaire visant à favoriser les méthodes naturelles de protection des cultures, dans le cadre du Plan        Ecophyto 2018. Le député Antoine Herst (UMP, Bas-Rhin) avait présenté le 19 avril son rapport visant à développer des méthodes de biocontrôle et protéger les végétaux par l’utilisation de mécanismes naturels ; objectif : promouvoir des alternatives aux produits phytosanitaires chimiques. Entre ces alternatives 12 propositions ont été retenues et elles seront mises en œuvre au cours des 2 prochaines années.

 

Parmi ces mesures, figure l’emblématique autorisation de mise sur le marché (AMM) des préparations naturelles peu préoccupantes (PNPP) ; la vente de ces préparations de phytosanitaires naturels-utilisés par les jardiniers et agriculteurs bio-est interdite depuis 2006.

Ces préparations ont la même procédure européenne d’autorisation que les pesticides de synthèse.

 

Si l’autorisation du purin d’ortie, demandée par les associations environnementales, clôt  une guerre de longue haleine, l’arrêté ne cite pas d’autres plantes. Toutefois le ministère a fixé une liste de référence indicative et évolutive de 34 plantes à partir desquelles « sont susceptibles d’être déposées des demandes d’autorisation de mise sur le marché de PNPP ».

La liste inclut l’ail, l’artichaut, le basilic, le thym, le laurier, le tournesol et des plantes non comestibles comme le bouleau, sureau, prêle ou olivier ; mais « elle n’inclut pas toutes les plantes les plus travaillées, avec lesquelles on obtient des résultats pour remplacer pesticides et fongicides » a regretté Dominique Jeannot, président de l’association « Les Amis de la Terre ». En Allemagne il y a plus de 400 produits phytosanitaires naturels autorisés.

 

Cafouillage dans la recette :

Seulement tous les purins d’ortie commercialisés vont être « hors-la-loi » a affirmé l’association « Aspro », il est matériellement impossible   de produire du véritable purin d’ortie selon la recette publiée en annexe de l’arrêté d’autorisation et qui doit être respectée ; la recette officielle prévoit une macération de 3 jours à 18°, selon les spécialistes la macération doit être plus longue et la question se pose : comment obtenir une température constante de 18° ? Et surtout la macération conduisant à la fermentation nécessite des conditions particulières et surtout pas un réchauffement.

L’Etat devra revoir sa copie et prendre les conseils de vrais écologistes…la moindre erreur dans la recette conduira à la production d’une substance inefficace.

 

Autres mesures :

Outre le recours aux PNPP, le député dans son rapport cite d’autres méthodes alternatives : réduction des doses de produits chimiques, utilisation de macro ou micro-organismes ou de stimulateurs de défenses naturelles, ou encore les phéromones et auxiliaires de culture dont la coccinelle.

Le Ministère de l’Agriculture prévoit en outre dès 2012, de prendre en compte de manière différenciée l’usage de produits de bio contrôle dans le calcul des IFT (Indice de fréquence de traitements issus des Enquêtes de pratiques cultures) de chaque exploitation.

 

Les associations appellent à la commercialisation de tous les autres PNPP et notamment des oubliés de la liste et de l’arrêté comme des préparations à base de prêle, de consoude, de luzerne etc.

 

Cette première victoire ne démobilisera pas les associations, au contraire…

 

                                                                                                   Danièle Auclin



17/05/2011
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