Nature et Environnement en Nièvre

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DECAVIPEC - Echec de Copenhague et après

Echec de Copenhague et après ?

 

Dans mon précédent article je posais la question : les décisions de Copenhague sauveront-elles la planète (ou plutôt l'homme) ? Ma conclusion en réponse était simple : cette grand-messe ne pouvait pas aboutir sur le moindre accord s'accompagnant  de la moindre suspicion de baisse économique.

 

Cet échec, n'en doutons pas c'en est un, était prévisible, ce qu'il y a d'étonnant c'est que l'on cherche à qui en incomber la faute !

 

C'est d'abord l'ONU piégée par son mécanisme de vote à l'unanimité, mais comment faire autrement, chaque pays représenté a un poids démographique très différent ?

 

Puis l'échec est imputable aux peuples égoïstes : Chinois, américains, indiens…

Comment les convaincre de renoncer aux progrès dont nous ne pouvons nous passer et qui sont la cause de nos pollutions ? La prospérité de notre pays et de l'Occident s'est faite à partir notamment des hydrocarbures, du charbon que nous avons consommés, les autres pays veulent en faire autant, comment les en empêcher ?

Quant aux pays émergents, comme l'Afrique, ils veulent suivre le chemin que nous avons parcouru depuis  2 siècles, en produisant et consommant des énergies, certes de plus en plus propres grâce à notre aide et notre expérience, ainsi ils sortiraient de la pauvreté.

 

Je préfère penser que Kyoto était une ambition chimérique, mais surtout une impasse, un idéal basé sur des quotas, des taxes, des interdictions, des droits à polluer pour certains et pas pour les autres, on  allait même jusqu'aux amendes, avec un calendrier pour 2020, 2050, 2100… Et les chefs d'Etat de penser sans le dire, «je ne serai plus là, après moi le déluge…».

 

L'objectif de division par 2 des émissions de CO2 arrêté par le G8 puis le G20 est-il réaliste ? La réponse est à l'évidence «non», chaque année l'augmentation de ce que la Chine émet est supérieure à la totalité de ce que, nous, nous émettons ! D'ici 2050 il y aura une multiplication par 2 des émissions de la planète !

 

Alors il n'y aurait pas de solutions ? Mais si, il faut être confiant, dans le développement qui sera forcément durable, pour cela arrêtons les peurs et réconcilions les citoyens avec une écologie économique.

 

Je vous parlais de plusieurs avancées dans mon article du stockage du CO2, voici des exemples concernant les pays montrés du doigt.

 

-         la Chine est désormais le premier pays au monde pour la mise en fonction de nouvelles éoliennes, et le premier producteur d'énergie photovoltaïque.

-         la Chine vend sa technologie de captage de CO2 aux américains, ils sont conscients que de construire une centrale à charbon par semaine, conduit  ce pays dans une pollution si importante, qu'elle met en jeu la survie des chinois.

-         Ce même pays, produira de l'électricité «propre» en passant sa part du nucléaire de 2% actuellement à 20% en 2050.

-         Les technologies vertes, aux Etats-Unis, créent  275.000 emplois par mois, 3 milliards de dollars se sont investis dans les technologies d'avenir en 2009 contre 100 millions en 2005.

-         L'Inde fait un pied de nez aux pays développés (qui planchent sur le sujet depuis combien de temps ?) et devient le leader mondial de la voiture électrique.

 

Alors arrêtons, nous les pays moralisateurs aux nombreux «experts», de discourir, de défiler, de se battre la coulpe. Organisons la relève des énergies fossiles épuisables, par une vraie mutation verte, qui ne se fera pas contre l'économie ni sans la Chine, les Etats-Unis, l'Inde.

 

Le réchauffement climatique ? Ou plutôt le changement climatique ? Depuis 10 ans, la température moyenne de la planète est en baisse, en 1940 les glaciers européens fondaient, pour se reformer dans les années 60. Certes la teneur en gaz carbonique a augmenté de 40% depuis l'époque préindustrielle, mais le climat n'a pas été bouleversé, les cycles climatiques se sont faits et se feront avec ou sans l'homme et ses émissions atmosphériques. Il s'agit de petits cycles dans les grands cycles, l'homme est responsable d'émissions croissantes de CO2 certes, mais dans quelles mesures ces pollutions font et défont le climat, personne ne peut le dire avec certitude.

 

Le côté positif de cette grande réunion mondiale (192 pays représentés) c'est la reconnaissance de l'urgence de l'arrêt de la déforestation, avec des aides financières chiffrées.

 

Un américain produit en moyenne 20 tonnes de CO2 par an, un européen 10 tonnes et un français 6 tonnes…

 

Limitée à la France, et à de rares pays européens, notre taxe carbone n'a pas de sens, au nom du principe d'égalité le Conseil Constitutionnel a une nouvelle fois démontré sa grande sagesse. Arrêtons notre «cocorico solitaire», l'Europe doit réfléchir sur une taxe carbone aux frontières.

 

La mondialisation avec l'entrée de 2 géants, la Chine et l'Inde, dans la logique de la consommation et de la production occidentales, mettent en péril toutes les ressources de la planète (métaux, pétrole, matières premières), et pourtant cette croissance est nécessaire.

 

Alors antinomie ? D'un côté, sans croissance c'est la montée du chômage, les faillites des états, la pauvreté des citoyens, de l'autre on continue à sortir les produits polluants du sous-sol jusqu'au dernier gramme ?

 

Il nous reste le pari de la science, de l'innovation, n'appuyons pas sur les freins mais sur l'accélérateur des inventions, comme la France a su le faire durant des décennies.*

 

 

                                                                        Danièle Auclin

 

 

* Lire l'article de Luc Ferry du 10 décembre 2009, débats et opinions - Figaro : « Le paradoxe de Copenhague : on freine alors qu'il faut accélérer »



16/01/2010
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