Nature et Environnement en Nièvre

Nature et Environnement en Nièvre

LVNAC-Les chasseurs:"premiers protecteurs de la nature"???

Les chasseurs: « premiers protecteurs de la nature »???...


C'est ainsi qu'ils s'auto-désignent ... depuis des années. Et enfin c'est officiel. Mme Koschiusco-Morizet, par un arrêté du 3 mars 2011 a délivré à la Fédération Nationale des Chasseurs (FNC) l'agrément au titre « de la protection de l'environnement » et depuis la loi chasse de 2008 toutes les fédérations départementales peuvent également le demander en application de l'article L.141-1 du code de l'environnement, donc siéger dans les instances consultatives. Rappelons que le monde de la chasse a été organisé depuis 1941 en fédérations départementales par le Maréchal Pétain. Il s'est constitué dès cette époque en puissant lobby pour vaincre les critiques dont il fait l'objet de la part de la population. Quant au parlement il lui est tout acquis pour des raisons électorales et une nouvelle loi est en préparation sur proposition du gouvernement, course présidentielle oblige.. Enfin rappelons que les chasseurs en sont même venus à créer en septembre 1989, leur parti politique « chasse, pêche,nature et traditions ».


La chasse étant une activité de loisir consistant à tuer , en grand nombre, des animaux, on a déjà du mal objectivement à la faire relever de la protection de la nature!. Il faut ajouter les caractéristiques de la chasse française, la pression continuelle auprès des parlementaires et gouvernement pour obtenir tous les deux ans une nouvelle loi moins contraignante (allongement de la période de chasse, dates de chasse aux migrateurs, augmentation des espèces chassables... (on se rappellera la loi Verdeille selon laquelle les propriétaires d'un terrain de moins de 20 ha n'avait pas le droit d'interdire la chasse chez eux! elle a été supprimée en 2000), l'opposition systématique d'une majorité de chasseurs aux espaces protégés (réserves naturelles, parcs nationaux, régionaux, NATURA 2000...), le braconnage, les provocations, le non respect de la réglementation au nom de la tradition (en 2008 54% des infractions classées atteinte à la protection de la faune et de la flore concernaient la chasse)....Autant de faits qui rendent compréhensible la « crispation » entre les protecteurs de la nature et le monde de la chasse contre lequel ils sont obligés de se battre pied à pied dans un dossier qui n'est jamais refermé en raison de l'incapacité du monde cynégétique à évoluer.


La chasse en France:


En préliminaire, on doit remarquer qu'il est très difficile de trouver une information globale chiffrée sur la chasse en France. Le site de la FNC présente des chiffres remontant à 2008 avec 1.343.926 chasseurs. Ils seraient aujourd'hui 1,2 million représentant donc 1,8% de la population, avec une moyenne d'âge de 58 ans.


En Europe c'est la France qui a le plus grand nombre de chasseurs. Elle perd en moyenne 30000 chasseurs par an depuis vingt ans D'où des opérations pour redorer le blason de la chasse et la recherche de nouveaux adeptes auprès de la jeunesse. Depuis 2010 en vertu d'une convention signée entre le ministère de l'éducation nationale , de l'écologie et de la FNC, les chasseurs ont fait leur entrée officielle dans les écoles, les lycées professionnels et les collèges pour « éduquer les élèves au développement durable, à la biodiversité et au respect de la nature »... Sous couvert de susciter chez les enfants un éveil à la nature la promotion de la chasse pour susciter des vocations n'est pas loin avec cadeaux à l'appui (autocollants, brochures...) et comme pédagogues de la faune il y a mieux que les chasseurs pour qui seule la faune chassable a un intérêt qui se divise en 2 catégories, le « gibier » et les « nuisibles »!.

La France est le pays qui a le plus grand nombre d'espèces chassées,  91 espèces (oiseaux et mammifères). La comparaison avec les Etats européens est éloquente.

-S'agissant des oiseaux , la directive européenne « oiseaux » 79/409 établit la liste des espèces intégralement protégées , une liste de 24 espèces qui peuvent être chassées dans tous les pays et une liste des espèces qui peuvent être chassées dans tel ou tel pays. Chaque pays fixe la liste des espèces effectivement chassées sur son territoire étant entendu qu'il peut limiter la chasse des espèces qui lui sont attribuées. Ce que font de nombreux pays européens. En France 64 espèces d'oiseaux sont chassables et effectivement chassées, y compris des migrateurs protégés chez nos voisins et des espèces qui devraient l'être puisque classées vulnérables, en mauvais état de conservation ou en danger. Ainsi la France est le dernier pays d'Europe occidentale à chasser le grand tétras (coq de bruyère) alors qu'il régresse depuis une trentaine d'années. Sur 42 espèces chassables en Allemagne 17 le sont effectivement, la Belgique ne chasse que 8 espèces sur 36 chassables... (source www.roc.asso.fr). Les chasseurs français tuent 25% de l'ensemble des oiseaux tués dans les 27 pays de l'Union européenne

-Quant aux mammifères, la France garde la première place avec 23 espèces chassables (Allemagne 12, Belgique 13,Italie 10, GB 10...).

Chaque année des millions d'animaux sont tués Selon une enquête de l'ONCFS (Office national de la chasse et de la faune sauvage) pour la saison de chasse 1998/1999 menée auprès de 105 126 chasseurs français ont été tués:5.169.000 pigeons ramier, 5.061.054 faisans, 4.537.960 grives, 1.561.150 canard colvert, 501.345 chevreuils... on va arrêter là cette énumération macabre. On estime à 40 millions le nombre d'animaux tués par les chasseurs et les piégeurs (pour les « nuisibles ») par an. Ce chiffre est sous-estimé bien sûr il ne prend pas en compte les animaux blessés et non retrouvés (un tiers des animaux tirés... ), ni ceux des chasses dites « traditionnelles » au moyen de filets (verticaux, horizontaux, lacets, cages, ni ceux qui sont braconnés, dans le Sud des milliers de petits passereaux, rouges-gorges sont tués alors que ce sont des espèces protégées. On rappellera la bienveillance de l'Etat face au braconnage de masse qui se produit en toute impunité: dans les Landes le braconnage du bruant ortolan, en Ardèche celui des pigeons ramiers au col de l'Escrinet, dans le Médoc celui des tourterelles des bois....

Les chasseurs français disposent du plus grand nombre de jours de chasse, 7 jours sur 7 en période d'ouverture. Chaque préfet détermine annuellement ouverture (en septembre) et fermeture de la chasse ( dernier jour de février). Mais à ces déjà 6 mois de chasse s'ajoutent des « périodes complémentaires » dès mai-juin (blaireau,chevreuil, daim, sanglier) ( voir l'arrêté dans les mairies). On frise donc les 8 mois de période de chasse, soit la plus longue d'Europe!

Pour mémoire, il fut un temps, loi Voynet de 2000 sous le gouvernement Jospin, où le mercredi était une journée non chasse. Mme Bachelot, qui à peine arrivée au ministère de l'écologie par un arrêté de novembre 2002, réintégrera la belette, la marte et le putois dans la liste des nuisibles à la grande satisfaction des chasseurs les soutiendra également sur la suppression du jour de pause, qui sera votée par les deux assemblées en 2003.

La France est le seul pays européen où la chasse de nuit est systématiquement permise (quelques rares pays l'autorisent mais exceptionnellement).dans 27 départements depuis 2000 la loi française autorise le tir de nuit des oiseaux à partir d'une hutte ( l'Alsace autorise depuis 2003 les tirs nocturnes des sangliers...). En clair on peut tirer sur le gibier d'eau nuit et jour et 7 jours sur 7 et pendant plus de 6 mois par an. Lors des migrations et de l'hivernage les oiseaux ne peuvent ni se reposer ni se ravitailler, le canard par exemple s'alimente surtout la nuit. Inutile de dire que la distinction la nuit entre espèces chassables et espèces protégées est un leurre et que le contrôle de cette chasse est inexistant. Enfin depuis 2004 la journée de chasse commence une heure avant le lever du soleil et se termine une heure après son coucher.

Les modes de chasse sont multiples, du « classique fusil» aux pratiques les plus cruelles des chasses « traditionnelles », s'ajoutent des pratiques aberrantes

La chasse à courre, appelée vénerie. 73% des français sont contre cette chasse d'un autre âge, (vestige de la monarchie et de l'Empire) pratiquée par 5 à 10000 veneurs qui consiste à poursuivre un animal ( cerf, renard, sanglier, lièvre...) pendant des heures jusqu'à épuisement total pour faire plier genou et l'achever au fusil, à la dague voire par noyade quand ce n'est pas dévoré vivant par les chiens en meute. Elle est interdite en Allemagne depuis 1950, 1995 en Belgique, 2002 en Ecosse et en 2005 en Angleterre pays d'origine de la vénerie. La chasse au renard était un véritable sport national. Les anglais se sont rabattus sur la chasse fictive. Cette chasse est inexistante aux Pays Bas, Luxembourg, Suisse (d'où l'afflux en France des véneurs étrangers...).

Cette chasse , bruyante, qui dure des heures a des conséquence sur la tranquillité de toutes les espèces de la forêt et son équilibre car ce sont les animaux les plus beaux et les plus grands donc les meilleurs reproducteurs qui sont prélevés.

Le tir à l'arc: chasse cruelle en ce qu'elle blesse bien plus qu'elle ne tue, c'est le principe même de cette chasse. La recherche de l'animal tiré est rarement efficace. L'animal blessé abandonné dans la nature (plus de la moitié des animaux tirés) mourra plus ou moins rapidement selon la nature de ses blessures au terme d'immenses souffrances et de faim.

C'est Michel Barnier, ministre de l'environnement... qui a légalisé la chasse à l'arc dans notre pays en février 1995.

Autres chasses, héritées du passé qui relèvent de la barbarie et n'ont rien à faire dans notre héritage: le gluau, les oiseaux sont piégés avec de la colle sur les arbres; les lacets, les oiseaux sont étranglés (grives et merles), les cages, les pantes (filets)...

Le déterrage ou vénerie sous terre (des blaireaux, renards, ragondins...) qui consiste à acculer l'animal au fond du terrier à l'aide de chiens, pendant que les déterreurs creusent le terrier à l'aide de pioches. Les animaux sont arrachés du terrier à l'aide de pinces métalliques et abattues à l'arme blanche s'ils ne sont pas déjà morts d'effroi et de blessures. Rappelons que les nuisibles tel le renard sont chassés toute l'année y compris lorsque les mères ont leurs petits. Que dans de nombreux pays d'Europe, Espagne, GB, Luxembourg, Italie Belgique, Pays-Bas, Danemark, Grèce Irlande... le blaireau est une espèce protégée Des championnats de déterrage sont organisés par les chasseurs pour faire concourir déterreurs et chiens! La fédération départementale des chasseurs de l'Allier vient de réserver 25000 euros pour des primes à la queue de renard!

Le piégeage des prétendus « nuisibles », soit 11 espèces de mammifères (renard, putois, fouine,rat musqué, belette, sanglier...) , 6 espèces d'oiseaux (pie bavarde, corvidé, freux..). La liste de ces nuisibles est fixée chaque année par le préfet après avis de la fédération des chasseurs...qui veille à ce qu'elle soit complète. Elle donne le droit de détruire ces espèces tout au long de l'année donc en hiver lorsque la nourriture est rare et en période de reproduction lorsque les parents sont en quête de nourriture pour leurs petits. Leur piégeage entraîne chaque année la mort de faim au nid de milliers de mammifères et oisillons. Ces pièges sont douloureux pour l'animal qui se blesse en essayant de s'enfuir et en toute hypothèse stressants. Certains pièges fonctionnent à l'aide d'appelants vivants (pies, corvidés, faisans ( pour attirer le renard).

Cette notion de « nuisible » est une aberration elle n'a aucun fondement scientifique. Dans la nature toutes les espèces ont une place et un rôle et participent à l'équilibre des écosystèmes.

Pour les chasseurs sont « nuisibles » les espèces qu'ils considèrent comme concurrentes et à l'origine de la diminution du petit gibier au premier rang desquels ce pauvre renard qui se nourrit de proies convoitées par les chasseurs (chevreuil, lapin, lièvre, faisan, perdrix, caille...). On estime que 600 000 renards et renardeaux sont annuellement tués par les chasseurs et les piégeurs.

Ce faisant ces « protecteurs de la nature «  exterminent un animal très utile qui capture annuellement entre 7000 et 10000 rongeurs. Un rapide calcul montre le nombre colossal de rongeurs qui vont pouvoir proliférer en toute quiétude.

Parlons aussi du sanglier classé en nuisible en raison de son développement, des dégâts aux cultures auxquels s'ajoute la sécurité routière. Le problème du sanglier est une farce, il fait l'objet de la part des chasseurs d'un élevage à ciel ouvert à coup de sacs de maïs où de parcelle cultivée en plein bois, il est pratiquement domestiqué ! Et les chasseurs prétendent les réguler.. qu'ils commencent à ne plus les nourrir , que les champs cultivés soient clos et l'espèce s'auto-régulera naturellement. On sera en outre dispensé des plaintes incessantes des fédérations sur le montant des frais de réparation des dégâts d'une espèce dont elle a encouragé la prolifération!

Le cas de la réserve du val de Loire (Pouily): espace protégé mais qui n'échappe pas à la chasse... en raison de la surabondance des sangliers. Elle est évidemment un refuge pour ces animaux qui causent des dégâts dans la réserve elle-même et à leur sortie qui donne direct dans les cultures. Résultat le comité consultatif de gestion de la Réserve a adopté lors de sa dernière réunion (en avril 2011 sous la présidence de Mme le sous-préfet de Cosne) sur demande des fédérations Nièvre et Cher le principe de mise en place de battues administratives sur ce territoire évidemment « dans le respect des enjeux et des objectifs de conservation de la réserve naturelle »...

Les cervidés ne sont pas (encore???)classés nuisibles mais ils ne seraient plus les bienvenus dans nos forêts, accusés d'être trop nombreux , d'y causer des dégâts ainsi qu'aux cultures. Les massifs forestiers surexploités pour la production du bois, envahis par les activités de loisirs, loués pour la chasse conduisent les cerfs affamés à rechercher leur nourriture en lisière des forêts. On ne donne pas cher de la vie de ces cervidés « surnuméraires »  car les chasseurs s'emploient à justifier leur activité en ce qu'elle serait indispensable pour « réguler » la faune envahissante... dans le meilleur des cas au tir dans le pire à la chasse à courre. On se demande bien comment faisait la nature avant la chasse « loisir »! En fait il n'y a bien que les chasseurs pour ignorer que dans la nature vierge de toute intervention humaine la reproduction des animaux est régulée en fonction des pressions environnementales, que si l'équilibre des écosystèmes n'étaient pas mis à mal il serait inutile de réguler quoi que ce soit! Autrefois c'étaient les grands prédateurs avant qu'ils ne soient exterminés par la chasse qui assumaient ce rôle. En tout hypothèse si des régulations sont nécessaire elles devraient être réalisées par des chasseurs formés et décidées par d'autres que ces chasseurs!

La pratique désastreuse des lâchers dans la nature de « gibier  d'élevage ». Qui dans nos campagnes en période de chasse ne s'est pas trouvé au détour d'un chemin nez à nez avec un faisan pas farouche complètement désorienté en quête de nourriture, ou n'en n'a pas aperçu le long d'une nationale! Il aura été élevé ( le mot « produit » serait plus adéquat !) dans l'un des 8000 élevages de gibier que compte la France et lâché dans la nature la veille de l'ouverture de la chasse ou d'un week-end. Par an sont ainsi élevés et lâchés 14 millions de faisans.., 5 de perdrix, 1 de colvert, 120000 lièvres, 10000 lapins de garenne etc....

Ces animaux sont évidemment inaptes à la vie en liberté et à la reproduction (30% de réussite) et des proies faciles pour les chasseurs qui parlent de « tir aux cocottes » et pour nos petits carnivores sauvages (fouine, martre, putois, renard) qui nous l'avons vu sont de ce fait classés en nuisibles et systématiquement éliminés. Les « protecteurs de la nature » que sont les chasseurs, pour protéger temporairement ces animaux d'élevage dénaturés qu'ils introduisent dans la nature, éliminent ces petits prédateurs sauvages qui eux ont toute leur place dans l'écosystème en les mettant en danger de disparition! Les animaux introduits,élevés par milliers sont porteurs de germes qu'ils vont disséminés dans la nature. Ils contaminent ainsi les populations sauvages déjà menacées. Beaucoup d'animaux sont importés des pays de l'Est et introduisent de nouvelles maladies.

A cela s'ajoute des pollutions génétiques par croisement d'individus au patrimoine génétique différent ( des espèces non indigènes sont lâchées (caille de chine, perdrix choukar) ce qui conduit à l'élimination des souches sauvages, seules capables de garantir l'avenir des espèces car au fil des années elles se sont adaptées à leur environnement. L'hybridation entre populations différentes peut conduire à l'extinction des populations, c'est un grave problème.

Pour obtenir une espèce plus prolifique les chasseurs n'ont rien trouvé de mieux que de croiser cochon et sanglier. Ces « cochongliers » ont altéré le patrimoine génétique du sanglier. Moins farouches ils sont à l'origine de dégâts importants et d'accidents de la circulation.

A côté de ce lâcher dit de tir en recrudescence par le biais des chasses commerciales, est pratiqué le lâcher de repeuplement. Dans ce cas le but n'est pas de tuer tout de suite l'animal on lui laisse le temps de se reproduire mais la finalité de ces deux lâchers est identique fournir de la « chair à fusil » et entretenir un stock de gibier pour assurer aux chasseurs leur saison de chasse. Les conséquences néfastes de cette pratique sur les populations naturelles en régression n'interpellent pas ces grands protecteurs de la nature.

Le moment est venu de répondre à la question posée par le titre de cet article. Que la prise de conscience de la nécessité de protéger la nature et les espèces encore existantes, notre bien à tous et dont dépend notre avenir ait touché certains chasseurs responsables, nous l'admettons, c'est hélas une ultra-minorité. Quelques centaines d'entre eux ont tenté en 1989 de faire évoluer le monde de la chasse à travers l'ANCER (Association Nationale pour une Chasse Ecologiquement Responsable) Attaquée par plusieurs fédérations départementales son site est en sommeil depuis 2007 (www.ancer.asso.pagespro-orange.fr ).


Les chasseurs prétendent jouer un rôle primordial dans la gestion des espèces et de leurs habitats à partir de quelques opérations d'acquisitions et de préservation et restauration de milieux naturels ayant un intérêt spécifique pour la biodiversité notamment de zones humides. Conformément au slogan qu'on lit sur le site www.fondationfaunesauvage.com « Sans milieu naturel pas de chasse » le but de ces aménagements est de produire du gibier, on est donc bien dans la gestion cynégétique qui n'a rien à voir avec une gestion écologique. Ils s'adonnent à quelques plantations de haies, de jachères fleuries, jachères faunes sauvages, voire de nettoyage de site, alors qu'il se jette dans la nature , outre des cartouches, des millions de plombs de chasse (6000 tonnes par an) provoquant le saturnisme notamment chez les canards ( et leurs prédateurs) qui prennent les plombs pour des graviers ( qu'ils doivent ingurgiter pour que leur gésier puisse broyer les aliments). Depuis 2005 la France enfin a interdit le plomb en zone humide, mais des braconniers continuent à l'utiliser.

Ce ne sont pas ces quelques opérations de type greenwashing qui font des chasseurs des écologistes à l'instar de ceux qui se battent dans le seul but de la sauvegarde de la nature et des espèces, de toutes les espèces.

La chasse telle qu'elle se pratique en France (prédatrice, ne respectant pas la biologie des espèces) est incompatible avec la préservation d'une faune sauvage riche et variée. Les fédérations n'ont aucune compétence pour assurer la gestion de la faune sauvage qui implique de solides connaissances scientifiques en biologie et écologie des espèces. La nature sauvage est un trésor qu'il nous faut préserver. La présence de cette activité sur notre territoire va à l'encontre de ce que nous devons rechercher pour protéger ce patrimoine, une cohabitation pacifique entre l'homme et la nature sauvage. Ce qu'il en reste... les causes de sa disparitions sont multiples destruction des habitats( urbanisation, agriculture intensive), et chasse à l'origine de l'extinction de plusieurs espèces, ours, loup, grand hamster, castor, bouquetin, loutre, lynx, rapaces....

Certaines d'entre elles réapparaissent timidement aujourd'hui , naturellement tel le loup ou par réintroduction, ours en Pyrénées, bouquetins dans les Alpes, lynx, vautours.... Ces réintroductions supposent que le milieu naturel soit encore à même d'accueillir ces nouvelles populations et que les habitants des régions concernées l'acceptent...Ces espèces sont évidemment protégées ce qui n'empêche pas les chasseurs de continuer à tirer dessus (voir pour l'ours!).

Cette chasse intensive est un désastre pour la biodiversité de notre territoire ( mortalité directe, dérangement, maladies, pollutions génétiques) où déjà les animaux sauvages sont pour beaucoup en voie d'extinction ( remembrement des parcelles, routes, suppressions des corridors écologiques, pesticides). Elle pose aussi évidemment un problème éthique fondamental , celui du droit de tuer et de maltraiter des animaux sans nécessité, pour son seul plaisir. Il faut mettre fin à ces pratiques et porter ce problème au niveau politique pour que soit mis en place un processus qui aboutisse à l'interdiction légale de cette prédation. C'est le travail qu'assume de nombreuses associations qui militent contre la chasse, LPO, la ligue ROC (présidée par Hubert Reeves), l'ASPAS...FNE (France Nature Environnement) ne se prononce pas pour ou contre la chasse mais rejoint leurs actions dans l'objectif commun de protéger la biodiversité. Autant dire qu'il s'agit d'une longue lutte où la distinction entre réformer et abolir n'a pas beaucoup de sens. Vu le contexte français aucune association abolitionniste ne refuse les avancées à condition qu'elles soient réelles et qu'on ne s'en tienne pas là.


                                                                                       J. Thévenot


                         Renard, mulotage: merveilleuse nature sauvage


                                 déterrage de renards, la barbarie à l'état pur

Communiqué de presse, le 14 mars 2013

Les enfants : cibles des chasseurs
Le lobby chasse veut la mainmise
sur l'éducation à l'environnement !

Bien que le prosélytisme soit illégal, les chasseurs ont déjà la liberté totale de pénétrer dans les écoles pour pratiquer à leur manière « l'éducation au développement durable ». Bientôt reçue par le Président de la République et le ministre de l'éducation nationale, la Fédération Nationale des Chasseurs (FNC) entend maintenant leur extorquer une surveillance de tout le domaine pédagogique sur la nature, au mépris des professionnels et de la loi.

 

Il s'agit d'un « Observatoire des pratiques pédagogiques sur l'éducation à l'environnement » que la FNC veut lancer avec la bénédiction de Vincent Peillon. L'exigence « pédagogique » des chasseurs montre leur mépris total pour les éducateurs nature, qui font déjà partout en France un excellent travail de sensibilisation aux enjeux de l'écologie, sans arrière-pensée de prosélytisme pour des intérêts privés ou pour un loisir contestable. Or, ces pédagogues professionnels de la nature n'ont jamais été reçus par les responsables politiques.

 

En revanche, les représentants du lobby chasse ont déjà signé, le 4 mars 2010, un partenariat avec Jean-Louis Borloo et Luc Chatel, à l'époque Ministres respectivement de l'Écologie et de l'Éducation, pour « l'éducation au développement durable ». Malgré cette plaisante formulation, les réalités de terrain sont tout autres et montrent une réelle volonté de donner à nos enfants le goût de la chasse et des armes, récompenses et sandwichs au chevreuil à l'appui. Que faut-il de plus ? Anéantir toute approche objective et scientifique du monde vivant ?

 

 

Les chasseurs sont loin de montrer le comportement exemplaire que l'on attendrait pour nos enfants. Lorsque Vincent Peillon était député de la Somme, sa permanence avait été saccagée par des chasseurs de CPNT en 1998, puis il a été accueilli à coups de pierres par des chasseurs en 2000, et sauvé de justesse par un hélicoptère de la gendarmerie… Se souviendra-t-il de ce potentiel de vertus pédagogiques du monde de la chasse ?

Le Collectif « Non aux chasseurs dans les écoles ! » s'insurge avec force contre ce prosélytisme pourtant interdit
(1) et rappelle, aux ministres concernés, qu'il représente également des millions de parents et citoyens non chasseurs qui, eux aussi, savent voter.


Associations signataires et membres du collectif : APIE, ASPAS, Association pour la défense des victimes de la chasse, AVES France, Bonnelles nature, CACC, CPEPESC Franche-Comté, CPEPESC Nationale, CPN Brabant, CROC BLANC, CVN, Droits Des Animaux, Fondation Brigitte Bardot, Frapna Savoie, GEOB, GDEAM, IDAE, L214, Le Sanctuaire des hérissons, Loire Vivante Nièvre Allier Cher, LPO Nationale, LPO Rhône Alpes, LPO Drôme, MELES, Mille Traces, Nature Centre, Nature et Humanisme, Ni Homme - Ni Objet, Oiseau nature, One Voice, Perche Nature, Pro'eco, RAC, Serre Vivante, SPA Nationale, Stop violence France, Veg'Asso…

(1) La laïcité s'appuie sur la liberté de conscience définie dans la Déclaration des Droits de l'Homme de 1789, puis celle de 1948. C'est le cadre juridique fixé par la loi du 9 décembre 1905 qui implique une stricte neutralité dans les établissements scolaires

  contacts presse : Marc Giraud vice Pd de l'ASPAS 0607749905

                            Pierre Athanaze Pd de l'ASPAS   0608185455


 

communiqué de l'ASPAS du14 mai 2014

Voir la version en ligne

 

Communiqué de presse, le 13 mai 2014

Joyeux anniversaire les Suisses :
40 ans sans chasse, et tout va bien !

Le 14 mai 1974, l'interdiction de la chasse dans le canton de Genève était approuvée par 72 % de la population. Malgré les affirmations alarmistes des chasseurs d'alors, tout se passe très bien ! Un exemple salué par l'ASPAS, mais qui contrarie un lobby toujours paniqué par la vie sauvage…

 

Aujourd'hui, la faune du canton de Genève est devenue exceptionnellement riche, et les promeneurs apprécient la quiétude des lieux. Depuis l'arrêt de la chasse, les seuls problèmes notables n'ont été que politiques ou psychologiques, mais certainement pas écologiques. Pourtant, en 1974, le petit monde des chasseurs s'était affolé, maudissant les écologistes et prédisant d'épouvantables pullulations. Même phénomène en France en 1972, lorsque la chasse des rapaces a été interdite. Les chasseurs paniqués multipliaient les prévisions alarmistes. Aujourd'hui, on observe couramment des faucons jusqu'au cœur des villes, et aucun excès n'a été signalé…

 

 

Dans les 282 kilomètres carrés du canton de Genève, c'est donc la sérénité. Quelques sangliers commettent bien des dégâts à l'agriculture, mais ces problèmes ponctuels sont réglés par des gardes professionnels, ce qui satisfait les habitants. Ces sangliers, d'ailleurs, viennent souvent de France, où ils prolifèrent, car leur chasse y est très rentable. De plus, l'absence de grands carnivores favorise l'expansion de ces proies potentielles. En revanche, la présence de petits carnivores (renards, fouines, hermines, etc.), considérés par les chasseurs français comme des « nuisibles » qu'il faudrait à tout prix « réguler », ne pose ici pas de souci.

 

 

Il est toujours curieux de constater que des hommes adultes et armés, les chasseurs, sont aussi ceux qui ont le plus peur des animaux. Ce sont encore des chasseurs paniqués par la rencontre qui ont tiré sur nos ours Claude, Melba ou Cannelle, alors que les promeneurs n'ont jamais eu de problème. Responsables de l'appauvrissement de la nature, les chasseurs n'ont donc pas de leçon à donner sur leur prétendument nécessaire « gestion de la faune ». L'ASPAS, qui met en place des Réserves de Vie Sauvage® où la chasse est totalement interdite, tient à les rassurer : ils ne se feront pas attaquer par les lapins…

 

Contacts presse :

Pierre Athanaze, Président de l'ASPAS, tél. 06 08 18 54 55
Marc Giraud, Vice-Président de l'ASPAS, tél. 06 07 74 99 05

 

 

 

 

 

 

 

 

 




 






 


 




 


 




 


 

 


 

 

 

 

 

 

 




 



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19/07/2011
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