Nature et Environnement en Nièvre

Nature et Environnement en Nièvre

LVNAC - Le risque "inondation"

 


Le risque « inondation »


En novembre 2008 la Nièvre a été traversée par une crue de la Loire (Nevers a été la dernière ville touchée ) qui a propulsé le département à la une des médias locales et nationales, plus particulièrement la ville de Decize, à la grande surprise de ses élus et de ses habitants qui en ont vu d'autres plus importantes pas plus tard qu'en 2003.

Grâce à l'Aron et à la Loire Decize est effectivement l'une des communes les plus vulnérable face au risque inondation .

Si les inondations posent aujourd'hui tant de problèmes ce n'est pas parce qu'elles sont plus fréquentes mais pour deux raisons:

ces dernières décennies l'occupation par l'homme des zones inondables s'est considérablement accrue. Dès lors le risque inondation est d'autant plus fort que la crue se produit sur un territoire vulnérable où se concentrent habitations, activités économiques, réseaux (routiers, ferrés,eau potable, assainissement, électricité , téléphone), équipements...


LVNAC - Inondations à Nevers - novembre 2008

 

par ailleurs , toujours par ses actions l'homme a considérablement aggravé l'aléa qu'est l'inondation en modifiant l'écoulement des eaux . Les crues alors se produisent plus rapidement et avec plus d'importance. Parmi les causes de modification de l'écoulement des eaux :

le drainage :qui accélère l'arrivée de l'eau dans les cours d'eau et accélère leur débit

le retournement des prairies et leur mise en culture : une prairie,véritable éponge,a une capacité de stockage 2 à 4 fois supérieure à celle des sols cultivés

le remembrement qui a souvent été accompagné de la disparition des haies et talus entre les différents exploitants, du recalibrage des fossés et des cours d'eau. Autant d'opérations qui contribuent à augmenter la vitesse de circulation des eaux de l'amont vers l'aval où le risque s'accroît.

le ruissellement : aggravé par l'imperméalisation des sols en raison de l'urbanisation dans le lit majeur qui font disparaître des zones d'expansion de crues.

Mais également par l'agriculture intensive qui conduit à la compaction des sols par les machines agricoles ainsi qu'à leur mise à nu durant les périodes de pluies

l'entretien des cours d'eau : les travaux d'aménagement du lit qui peuvent localement avoir un effet bénéfique concourent le plus souvent à aggraver la situation à l'échelle du bassin versant. Ainsi le curage et le recalibrage vont provoquer une accélération des écoulement vers l'aval. Inversement des travaux d'endiguement en vue de réduire les flux entrants vers l'aval vont provoquer une accumulation de l'eau à l'amont.

Pour les crues de faible importance (donc les plus fréquentes) l'aménagement du territoire (urbanisation, agriculture) a donc une forte influence sur les caractéristiques de l'inondation (volumes écoulés et vitesse).


Et c'est bien ce couplage de l'aléa (inondation :phénomène naturel ) et de la vulnérabilité du lieu où elle se produit (en raison des enjeux présents) qui crée le risque inondation.


J. Thévenot





















06/04/2009
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