Nature et Environnement en Nièvre

Nature et Environnement en Nièvre

Nouvelle polémque sur les OGM

Nouvelle polémique sur les OGM

 

Le tohu-bohu provoqué par la nouvelle étude scientifique du professeur de biologie moléculaire, Gilles-Eric SERALINI  sur la toxicité d'un maïs OGM tolérant au roundup (NK603  mis au point par Monsanto) publiée dans la revue Food and Chemical Toxicology n'aura échappé à personne.  Il faut dire que ce chercheur a fait fort pour se faire entendre.  Presse avec exclusivité au Nouvel Obs sous le titre à sensation « Oui les OGM sont des poisons », documentaire sur FR5, livre chez Flammarion  « Tous cobayes » et enfin émissions de radios et journaux télévisés avec gros plans sur des photos de rats lourdement atteints par de monstrueuses tumeurs après avoir deux années durant été nourris par ce maïs  (tirées du film « Tous cobayes ? » de Jean Paul Jaud .

Pour qui s'étonnerait de ces méthodes marketing de la part d'un scientifique, on rappellera  que Gilles-Eric SERALINI a quelque raison d'agir ainsi au regard d'un parcours professionnel assez agité au sein de la communauté scientifique, INRA, CNRS qui le privent de crédits, attaque personnelle du Président de la Commission du génie biomoléculaire Marc Fellous, qui sera condamné pour diffamation.  Le Pr Seralini a choisi un domaine d'étude, l'effet des plantes génétiquement modifiées sur la santé qui n'est pas de tout repos notamment lorsqu'il s'agit de mener des contre-expertises sur les données fournies par Monsanto  censées démontrer l'innocuité de ses OGM.

 Et de plus ces  travaux interrogent immédiatement sur le sérieux du  travail des organismes en charge  de donner un avis sur la qualité  de l'évaluation des dossiers d'autorisation de plantes génétiquement modifiées fournis par Monsanto et Cie.

Au niveau européen l'AESA, Agence européenne de sécurité alimentaire et au niveau français  l'Agence nationale de sécurité sanitaire (Anses) et le Haut Conseil des Biotechnologies (HCB) dont les membres du conseil scientifique sont de notoriété publique tous partisans des OGM…

 

L'étude a été financée par la fondation Meyer et la fondation Ceres qui regroupe des enseignes de la grande distribution notamment  Auchan pour cette étude.  Ces fonds sont gérés par le Criigen (comité de recherche et d'information indépendantes sur le génie génétique) dont le Pr Séralini préside le conseil scientifique, Corinne Lepage est la présidente d'honneur

 

Elle a porté  sur le maïs NK 603, tolérant au roundup et sur le roundup lui-même, l'herbicide le plus utilisé dans le monde. L'échantillon se composait de deux cents rats , mâles et femelles répartis en 10 groupes de 10 rats femelles et 10 groupes de 10 rats mâles.  Chaque groupe a reçu  soit du maïs non GM., soit du maïs  OGM NK603, soit du maïs NK603 traité au roundup, soit du maïs non GM mais traité au roundup. L'étude s'est déroulée  sur deux années.

 

Les résultats les rats OGM déclenchent plus de tumeurs que les rats non OGM.  Principalement chez les femelles et elles apparaissent nettement plus vite chez les rats OGM , 20 mois plus tôt chez les mâles, 3 mois plus tôt chez les femelles. Sont apparues également des atteintes rénales principalement chez les mâles. La mortalité est précoce, un mâle nourri aux OGM meurt un an plus tôt, lune femelle 8 mois avant l'animal témoin. Les pathologies apparaissent  dans les régimes alimentaires avec maïs NK603 traité ou non au roundup.

L'ampleur de cette étude (2 années) est sans précédent puisqu'elle couvre les 2/3 de l'espérance de vie d'un rat alors que la plupart des travaux sur le sujet sont menées sur des données de 3 mois. Elle a été réalisée selon le protocole recommandé par l'OCDE et validée par des pairs.

 

Le tir de barrage a démarré quelques heures après sa publication de la part de scientifiques, dont on doit saluer la dextérité pour être capables d'analyser en si  peu de temps, le travail  de deux années d'une équipe de scientifiques compétents si ce n'est  leur totale indépendance puisque certains ont appartenu à la Commission qui a donné en son temps un avis favorable à la culture expérimentale du maïs OGM NK63(Mrs Fellous et Gérard Pascal) et d'autres à l'INRA.

 

On a entendu que Séralini n'a pas pris la bonne espèce de rats, qu'il n'en n'a pas pris assez pour faire de bonnes statistiques,  que l'alimentation des rats n'est pas précisée, que la revue où est publiée l'étude n'est pas sérieuse, que le Pr Séralini est de parti pris  puisque c'est un militant anti-OGM, (en fait  il s'oppose aux OGM dans les champs et dans nos assiettes) reproche qu'on ne peut pas faire  aux pro-OGM  qui font preuve d'une irréprochable impartialité, que  l'étude a été financée par le CRIIGEN opposant aux OGM  comme si la procédure de validation d'un OGM ne reposait pas sur des études faites par le fabricant (ici Monsanto) et comme si le fabricant n'avait pas d'intérêt dans le résultat ! De plus il faut savoir que les données brutes des expériences  menées par les industriels n'étant pas publiées il n'est pas possible de mener des  contre- expertises.

L'étude Séralini ayant suivi le même protocole que celui appliqué par les  industriels à commencer par Monsanto, sa mise en cause conduit finalement à remettre en cause  la plupart des études d'homologation… Donc la première question qui vient à l'esprit c'est « à quand des protocoles sérieux d'évaluation » ?

D'autres suivent, qu'un chercheur à contre courant comme le Pr Séralini soit obligé pour se faire entendre d'utiliser les méthodes marketing montre une fois de plus, que notre  recherche publique  faute d'indépendance face aux pressions des industriels ne permet pas l'établissement d'une expertise scientifique crédible et transparente.

 

Au niveau européen L'AESA s'est  déjà prononcée négativement sur l'étude en attendant des précisions..  Ce serait les mêmes experts qui ont donné le feu vert à ce maïs mis en cause qui réaliseraient une contre-expertise de l'étude Séralini, et sur ce point la directrice de l'AESA est très ferme …Dans ces conditions G.E. Seralini n'est évidemment pas d'accord pour transmettre les données brutes de son étude, il préfère une expertise internationale. De même l'AESA refuse  de mener des études comparables à celles de Séralini.. 

 

En France   l'Agence nationale de sécurité sanitaire (Anses) saisie par les ministres de l'agriculture, de la santé et de l'écologie doit  rendre un avis le 20 octobre. Le premier ministre a annoncé que  si le danger de l'OGM NK603 était vérifié la France défendrait au niveau européen son interdiction sous entendu en se fondant sur l'avis de l'Anses en cas de blocage à Bruxelles…

Les associations  vont plus loin.  Elles demandent des mesures immédiates :

- La suspension des autorisations du maïs NK603 et du Roundup ainsi que les autorisations d'OGM à des fins alimentaires maïs MON810 (maïs insecticide) et Amflora (pomme de terre). Des clauses de sauvegarde sont déjà décrétées sur ces produits dans 10 Etats membres sur 27, dont la France.

- La révision totale des protocoles d'évaluation des OGM. FNE rappelle que ces protocoles au niveau international ont été mis en place par l'industrie agroalimentaire pour son propre usage et que ce sont les industries elles-mêmes qui font les études d'accréditation de leurs OGM.

- La transparence sur les études d'évaluation des risques sur la santé et l'environnement  qui ont conduit à l'autorisation  dans l'Union européenne des OGM et pesticides (culture et importation), maïs NK603, roundup, maïs OGM Bt ,soja OGM tolérant le roundup le plus présent actuellement dans l'alimentation humaine et animale.

- La mise en route d'expérimentations pour confirmer les résultats de l'étude et  sur d'autres OGM, notamment le soja tolérant au roundup.

- L'étiquetage des produits issus d'animaux nourris aux OGM.

 

Cette étude confirme l'insuffisance des études toxicologique exigées par la réglementation européenne en matière de mise sur le marché de produits GM.

La balle est dans le camp des agences nationales et européennes de sécurité alimentaire qui vont devoir lancer  rapidement  des études approfondies.

Elle pose aussi la question de l'indépendance de l'expertise.  Séralini suggère une solution : que tous les industriels qui financent des études versent cet argent à l'Etat, lequel se chargera d'encadrer les expertises  en toute indépendance donc.

 

Mais  le débat actuel qui porte sur les conséquences de la consommation d'OGM sur la santé ne doit pas gommer la question de fond quant à l'utilité de  ces OGM censées améliorer les plantes tant  au regard des risques non maîtrisés et irréversibles qu'ils font courir à l'environnement  qu'à ceux qu'ils font courir aux économies paysannes en privant les paysans du droit de ressemer et d'échanger leurs propres semences.

 

  J. Thévenot

 

 

 

 

 

Manifestation au siège de l’ANSES

(Agence nationale de sécurité sanitaire de l'alimentation, de l'environnement et du travail)

le vendredi 14 décembre 2012 à 11 heures.

27-31 avenue du Général Leclerc, 94700 Maisons-Alfort

 

L’ANSES doit se positionner en faveur

d’une interdiction des PGM

 

 

L’ANSES reconnaît l’insuffisance des études de toxicité sur les OGM…

 

Suite à l’étude menée par le Professeur Gilles-Eric Séralini sur le maïs OGM NK603 et sur le Roundup, l’ANSES (Agence nationale de sécurité sanitaire de l'alimentation, de l'environnement et du travail) a rendu un Avis en octobre 2012 dans lequel il est affirmé : « Pour 55 % des dossiers instruits sur des plantes génétiquement modifiées, l'Agence a estimé que les données fournies par l'industriel n’étaient pas suffisantes pour permettre de conclure sur la sécurité sanitaire liée à la consommation de l'OGM et ces dossiers ont fait l’objet de demandes complémentaires transmises à l’EFSA. »

 

Suite au refus de Monsanto d’être auditionné par l’ANSES, Dominique Gombert, directeur de l’évaluation des risques à l’ANSES, a déclaré début novembre 2012 : « Monsanto nous a fait parvenir un document d’à peu près cinq pages qui décrit essentiellement les conditions actuelles d’autorisation des plantes OGM et du NK603. Je n’ai pas trouvé d’éléments particuliers quant aux études sur le long terme que la firme aurait pu conduire. »

 

Déjà en février 2011, l'ANSES avait publié un rapport dans lequel elle admet « certaines insuffisances des tests actuellement demandés au niveau européen dans le cadre de l'évaluation de la toxicité des OGM ». Ce rapport fait état de « marges d'erreur inhérentes à la mise en œuvre des études de toxicité subchronique par administration de la plante via l'aliment, pendant 90 jours chez les rats, telles qu'établies sur le référentiel OCDE n° 408 et demandées par l'Autorité européenne de sécurité des aliments (EFSA) lors de l'évaluation des OGM avant mise sur le marché ». Selon, les auteurs : « La puissance est insuffisante dans respectivement 50 % et 80 % des tests. »

 

et d’un autre côté, elle ne remet pas en cause la commercialisation des OGM

 

Et pourtant, l’ANSES refuse de tirer la conclusion logique de ces constats : demander l’interdiction des OGM. En octobre 2012, Marc Mortureux, directeur général de l’ANSES, a déclaré : « L'Anses a donc considéré que l'étude Séralini formulait des conclusions non soutenues par les données, autrement dit qu'elle surinterprétait celles-ci ; la réglementation en vigueur sur le maïs NK603 et le Roundup n'est donc pas remise en cause. »

 

L’ANSES doit lever cette incohérence !

En reconnaissant l’insuffisance des études sur les OGM pour conclure à leur innocuité,

l’ANSES doit proposer l’interdiction des OGM !

L’ANSES doit respecter le principe de précaution inscrit dans notre Constitution.

 

Cette action est organisée à l’initiative de plusieurs associations signataires de l’Appel de Poitiers (www.appeldepoitiers.org). Pour plus d’informations, ou si vous souhaitez participer à la préparation de cette action, contactez Anne Liebskind (OGM Dangers) au 06.29.51.18.65.

 

 

 

 

 



09/10/2012
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