Nature et Environnement en Nièvre

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DECAVIPEC - Les produits "bio" ne seraient pas plus sains....

 

Les Produits « bio » ne seraient pas plus sains ... (*)

Depuis quelques semaines les médias de la presse écrite et audio-visuelle se font l'écho de certaines études concernant le bienfait de la consommation des produits bios par rapport aux aliments ordinaires.

Les annonces sont claires : «les produits bios ne sont pas plus sains et n'offrent pas d'avantages nutritionnels supplémentaires».

Et même on ajoute que les consommateurs de bio mettent en péril l'alimentation de la population de la planète puisque le nombre de bouches à nourrir ne cesse de croître alors que les chutes de rendement de ce choix de cultures, sans l'aide de la chimie, sont inquiétantes. Privées de protection par les produits phytosanitaires (pesticides, herbicides et autres), les cultures sont assaillies par les maladies et les insectes.

Seulement l'examen par le MDRGF de cette étude, fait apparaître en réalité des différences significatives favorables aux aliments bios pour 6 catégories de nutriments importants. La communication des médias depuis plusieurs jours a tout fait pour dire … le contraire.

Les végétaux bios contiennent ainsi plus de magnésium, de zinc, de composés phénoliques, de flavonoïdes, de sucres et de matières sèches que les cultures intensives qui contiennent, elles, plus d'azote. De même les viandes bios des animaux mieux nourris contiennent plus d'oméga-3 (indispensables pour la santé humaine) que d'oméga-6, ces derniers, en quantité, ont des conséquences nocives pour le système cardio-vasculaire, leur présence dans l'organisme, découle uniquement de l'alimentation.

L'étude publiée dans l'AJCN ne présente les résultats que de 55 études sur les 162 effectuées, donnant ainsi une image très incomplète de la réalité de la connaissance scientifique en la matière. Les conclusions sont très orientées et les teneurs en résidus de pesticides et autres polluants présents dans les aliments conventionnels ne sont pas abordées.

Pourquoi passer sous silence cette vérité : «… le mode de production biologique élimine les risques associés aux produits phytosanitaires de synthèse pour la santé humaine et concourt à une moindre pollution environnementale, notamment de la ressource en eau …» ?

La réponse est simple : il existe des raisons économiques très puissantes pour cacher la vérité aux consommateurs. On prétend que les pesticides sont nécessaires à la productivité agricole, mais ce qui est certain c'est qu'ils sont nécessaires aux intérêts des industriels de la chimie. En dénonçant le rapport entre l'explosion de certaines maladies, comme le cancer, Parkinson et autres, et l'absorption de poisons utilisés en agriculture, on menacerait les intérêts de cette chaîne de l'agroalimentaire.

Je citerai cette phrase d'un journaliste américain, Upton Sinclair (**) : «Il est difficile de faire comprendre quelque chose à quelqu'un quand son salaire dépend du fait qu'il ne le comprenne pas».

L'industrie agroalimentaire protège jalousement ses intérêts en empêchant la diffusion de conclusions trop explicites sur les liens entre maladies et aliments.

Pour l'AFSSA les teneurs en résidus de pesticides détectés dans les aliments sont toujours situées à des niveaux inférieurs aux limites maximales. Les consommateurs eux, sont de moins en moins naïfs en la matière et ils sont de plus en plus nombreux à faire le choix de manger plus sain et sans ajouts de produits chimiques nocifs.


Quelques constats (***)

Devant l'accroissement du nombre de cancers, les «experts» vous répondent : la population vieillit et on le dépiste mieux. Seulement les statistiques des épidémiologistes ne sont pas des chiffres abstraits : en particulier le cancer des enfants est celui qui a le plus augmenté depuis 1970, et le cancer du sein chez les femmes est diagnostiqué de plus en plus jeune : 30 à 40 ans ce n'est plus rare.

Il y a donc bien épidémie. Regardons les courbes d'augmentation des cancers, on s'aperçoit qu'elles commencent à s'élever dans les pays occidentaux après la seconde guerre mondiale. Et elles s'accélèrent depuis 1975. Quel est le changement primordial dans notre style de vie depuis cette époque ? : l'alimentation.

Les facteurs majeurs qui ont bouleversé notre environnement depuis 50 ans sont la transformation de notre agriculture (cultures et élevage) et l'exposition à de multiples produits chimiques qui n'existaient pas avant cette date.

Cependant, on nous rétorque qu'il y a de plus en plus de centenaires. Seulement les centenaires actuels n'ont ni ingéré ni respiré toutes ces molécules durant une grande partie de leur existence. A partir des années 50 la demande pour les produits laitiers et la viande de bœuf ont amené les éleveurs à réduire l'espace d'herbage, les pâturages sont remplacés par les stabulations, cet élevage en batterie si commode. Le fourrage est abandonné pour le maïs, le soja et les céréales qui ne contiennent pas d'oméga-3.

La production de produits chimiques de synthèse, dont les pesticides, est passée de 2 millions de tonnes en 1940 à 200 millions à la fin du 20ème siècle. Les courbes de production de ces substances et la courbe du cancer se superposent, hasard ? Non. Le centre International de recherche sur le cancer de l'OMS a établi une liste de produits cancérigènes présents dans l'environnement. Il en a testé 900 (sur plus de 100 000 !), un seul a été reconnu comme n'étant absolument pas cancérigène.

Un grand nombre de polluants environnementaux sont des «perturbateurs hormonaux», ils ont un effet œstrogène, véhiculés par les herbicides et pesticides, ils sont stockés dans les tissus graisseux des animaux d'élevage puis dans ceux des consommateurs; on connaît bien le rôle des hormones circulant dans l'organisme, dans certains cancers dits «hormonaux dépendants». La dioxine, les PCB, certains pesticides (interdits mais toujours présents dans l'environnement) sont des cancérigènes connus. Les produits bios sont moins contaminés, aucune étude ne pourra démonter le contraire. La France est le premier consommateur européen de pesticides (baisse du tonnage mais augmentation de la concentration), leur utilisation a commencé dans les années 50.

De nombreuses études ont déjà été effectuées, en voici un exemple : Cynthia Curl chercheuse à l'université de Washington a réalisé des mesures de pesticides dans les urines de 42 enfants de 2 à 5 ans, certains étaient nourris à 75% bio, les autres en conventionnel. Le taux des produits de dégradation de pesticides organochlorés était de 6 à 9 fois plus élevé chez les "conventionnels" et dépassait de 4 fois les limites officielles.

Le temps serait venu de clore ce débat en lançant de grandes études épidémiologiques dans différents pays de tous les continents (ce que les autorités refusent). Seulement, imaginons des résultats qui conduiraient à des objectifs alimentaires de réduction de la consommation de viande, produits laitiers et maraichers pollués. Je connais déjà les conclusions : «les experts ne sont pas d'accord entre eux», ce qui se traduit par : rien ne doit changer.

L'industrie agroalimentaire protège-t-elle jalousement ses intérêts en empêchant la diffusion de vraies études non tronquées ? Certainement, car elle tient à stopper la diffusion de recommandations trop explicites sur les liens entre aliments et maladies.

«Imaginons qu'il existe un produit dont il suffirait de mettre une goutte sur un steak, du lait ou un fruit pour que, en changeant de couleur, il révèle la présence de pesticides. Du jour au lendemain l'industrie agroalimentaire serait obligée de transformer radicalement ses pratiques pour se conformer aux exigences de la précaution la plus élémentaire face aux substances douteuses qui ont été introduites dans notre alimentation depuis 1940. Mais ces produits toxiques sont inodores, incolores et sans saveur. D'être indétectables les rend-il plus «acceptables» pour autant ?» (***).

L'espoir vient de la conversion des agriculteurs au bio, ils sont de plus en plus nombreux à comprendre que les premières victimes de l'utilisation des produits chimiques pour produire plus ce sont eux. D'après le président de la Fédération nationale de l'Agriculture Biologique : on en compte 13 800.

Danièle Auclin

 

(*) Révélations sur l'Etude anglaise publiée par l'Américan Journal of Clinical Nutrition (AJCN)

(**) Documentaire «Une vérité qui dérange» d'Al Gore

(***) Extraits du livre «Anticancer» de David Servan-Schreiber



09/08/2009
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