Nature et Environnement en Nièvre

Nature et Environnement en Nièvre

LVNAC-NIEVRE 2021-une charte départementale pour l'eau

NIEVRE 2021

Une charte départementale pour l'eau

 

En 2009  le conseil général lançait une démarche de développement durable intitulée « Nièvre 2021 » (voir sur le site cg58.fr). Loire vivante avait participé à la consultation publique qu'il avait lancé sur le sujet, en développant ses suggestions dans le domaine qui est le sien, la ressource eau. Sa première demande portait sur la mise en oeuvre d'une charte de l'eau. Nos arguments étaient les suivants: 



« L'objet de Loire Vivante portant sur la ressource eau et les milieux aquatiques naturels, ses avis porteront essentiellement sur ces points dans l'optique mentionnée précédemment à savoir que le conseil général a déjà engagé des actions en ces domaines et qu'il s'agit à notre avis, à l'occasion de la mise en œuvre de l'agenda 21 de les revisiter pour rendre sa politique de l'eau plus efficace.

Nous rappellerons que c'est la prise de conscience de la dégradation et de l'épuisement des ressources naturelles et écologiques que sont l'air, les sols et l'eau qui a été à l'origine de l'idée du développement durable.

 L'eau est un bien d'autant plus précieux qu'elle est une ressource fragile.  Protéger la ressource en eau est une priorité dans la Nièvre comme sur tout le territoire national. Les derniers  arrêtés sécheresse ( 2009)   nous rappellent que la ressource peut se raréfier après  des hivers insuffisamment pluvieux . La qualité de l'eau se dégrade mettant certaines communes dans l'impossibilité de respecter les normes réglementaires pour l'alimentation en eau et dans l'obligation de demander des dérogations de distribution. Le changement de normes (plomb,arsenic, fluor) met en difficulté les communes du Bazois. Le retour à la qualité de l'eau distribuée   repose alors  forcément sur des actions curatives, des solutions techniques (traitement) qui coûtent cher  à la collectivité qui dans  le cas de pollutions d'origine agricole , les plus fréquentes, n'est en rien responsable de la situation qu'elle doit affronter.

La mise en oeuvre d'un agenda 21, qui plus est sur 10 ans, doit conduire à un programme ambitieux de protection  car notre modèle de développement constitue de nombreuses menaces pour la ressource et les milieux naturels aquatiques (pollutions, gaspillage, destructions), mais  également de reconquête de leur qualité conformément à la directive cadre eau qui impose d'ici 2015 de rendre conforme à des normes européennes –sauf exceptions justifiées- les différentes catégories de masses d'eau présentes sur le territoire.  Cela implique une modification profonde de nos pratiques en matière de gestion des milieux et d'utilisation de la ressource en eau. Nous ne sommes plus là  dans le curatif mais dans le préventif qui doit conduire également à prendre en compte le changement climatique susceptible d'engendrer l'intensification de périodes de sécheresse ou à l'inverse aggraver le risque inondation.

Avant d'en venir aux actions concrètes, Loire Vivante voudrait inviter le conseil général à être la cheville ouvrière d'une « charte de l'eau » pour notre département.

 

Pourquoi cette proposition :

 

-         La Nièvre, le conseil général le rappelle sur son site, est un département d'une grande richesse en  eau qui lui valut autrefois la dénomination de « pays des eaux vives » avec le fleuve Loire et son affluent l'Allier , ses 5000 km de rivières, ses 3000 étangs, ses sources, ses grands lacs et sa multitude de petits ruisseaux.

Cette eau est une ressource vitale dont la gestion appelle une solidarité entre tous les usagers.  Elle a sa place dans le développement économique, dans l'attractivité de notre département. Compte- tenu de sa grande présence sur notre territoire elle doit être une composante essentielle de l'aménagement dans la Nièvre. Elle a aussi vocation a être un facteur d'identité pour l'ensemble des habitants et donc un renforcement d'attachement au territoire.

-         Les acteurs de l'eau sont multiples : gestionnaires (Etat, collectivités territoriales, établissements publics), usagers  (agriculteurs, ménages, industries), professionnels, associations. Il faut travailler (le conseil  général le fait à son niveau) pour l'émergence d'une nouvelle culture de l'eau, donc sensibiliser tous les habitants dont le public scolaire, et les professionnels, aux enjeux liés à la préservation de cette ressource. Il faut rendre visible la politique de l'Etat, valoriser les actions et initiatives existantes, en développer de nouvelles en fédérant l'ensemble des acteurs concernés pour qu'ils contribuent à leur niveau à la préservation de la ressource en eau. L'outil de cet engagement collectif  qui jouerait  la  complémentarité et la solidarité, susceptible aussi d'enclencher de nouvelles dynamiques, serait une charte de l'eau.

-         la question de l'eau on le voit est à elle seule  un enjeu de développement durable (développement économique, humain, préservation de l'environnement et de la biodiversité)

le développement durable implique   une politique claire, cohérente et coordonnée  pour assurer  le meilleur avenir possible à l'eau. On ne gagnera en efficacité que si la cohérence des actions menées sur le territoire est pleinement assurée

-         Cette charte de l'eau viendrait conforter  l'ensemble des actions  que mène le département pour protéger et valoriser la ressource eau et le patrimoine aquatique nivernais à travers différents plans  et schémas départementaux.

-         bien que dépourvue de portée réglementaire, cette charte fixerait des orientations à suivre, des objectifs à atteindre, des comportements à adopter et des mesures à prendre pour assurer sa mise en œuvre.  Il s'agit de déboucher sur des actions concrètes qui renforcent l'engagement des signataires et de coordonner les actions menées au quotidien.

-         cette charte bien évidemment serait l'aboutissement d'une large concertation  .

 

L'eau par les enjeux qu'elle revêt est un formidable vecteur de mobilisation.  Par ses contacts avec les habitants de la Nièvre, Loire vivante a pris la mesure de leurs inquiétudes vis à vis de la qualité de la ressource, et de la dégradation de nos rivières.  Elle constate aussi faute de visibilité une méconnaissance de la politique eau  déjà amorcée dans le département ».

 

Nous apprenons aujourd'hui le lancement par le conseil général, d'un groupe de travail en vue de mettre en place une charte départementale de l'eau. Nous ne pouvons que nous en réjouir. Loire Vivante sera présente pour veiller à ce que l'eau soit préservée et protégée dans l'ensemble de son cycle, forêts, sols, zones humides, cours d'eau, nappes, utilisation parcimonieuse de la ressource, assainissement ...

 Et puisqu'il est question pour la Nièvre de « développement durable », nous attendons du Conseil Général qu'il soit très attentif aux projets qu'il soutient....Celui actuel de la méga scierie à Sardy-lès-Epiry mérite à notre avis d'être interrogé au regard du développement durable ne serait-ce que sur le plan de de la ressource forestière disponible en Nièvre notamment dans le Morvan (à moins évidemment qu'il soit envisagé d'aller chercher le bois à des centaines de KM...), en se rappelant le lien très étroit entre l'état des forêts et celles des ressources en eau aussi bien en quantité qu'en qualité.


                                                                               J. Thévenot  
                           
                                                                                 




30/03/2011
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