Nature et Environnement en Nièvre

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LVNAC - La "pointe de consommation électrique"....

 

La "pointe de consommation électrique" :

une spécialité française...


Comme chaque année, depuis environ une décennie, la France a eu droit à «sa pointe de consommation électrique» accompagnée des discours, constations et conseils habituels. Le 7 janvier nous avons déjà atteint un record avec 92 500 méga watts consommés contre 50000 à 70000 de moyenne normale et rien ne dit qu'il ne sera pas battu et qu'une fois de plus notre réseau nucléaire démontrera son incapacité à répondre à cette demande. Seuls les surplus de nos voisins européens permettent à la France d'assurer la stabilité de son réseau électrique ce qui devrait tempérer l'indépendance énergétique de la France hautement proclamée par certains. De même est-il nécessaire de rappeler que cette électricité importée provient notamment de centrales allemandes au fioul, gaz ou charbon fortement émettrices de gaz à effet de serre.

Parmi les explications avancées sur ce problème figurent cette année l'indisponibilité d'une partie du parc nucléaire (retard des opérations d'entretien); mais comme le problème est récurrent année après année c'est oublier la cause principale : le chauffage électrique.

Une diminution de la température de 1 degré entraîne une augmentation de la consommation de 2100MW environ, soit deux fois la consommation de Marseille.


Le chauffage électrique représente 27% de la consommation d'électricité du secteur résidentiel et 12,3% de notre consommation annuelle totale. Il ne cesse de se développer, trois quart des constructions nouvelles en sont équipées. Ce choix est lié:

- à un investissement de départ plus faible que pour les autres énergies

- à la politique de la France favorable à cette énergie qui contraste avec celle de nombreux pays qui prennent des mesures contre ce type de chauffage. La suisse sauf cas exceptionnel l'interdit, l'Italie a une tarification très dissuasive...

- Rappelons tout récemment l'exonération de l'électricité de la taxe carbone qui risque de renforcer encore le report sur le chauffage électrique

- les valeurs maximales de consommation d'énergie pour les logements à ne pas dépasser sont plus favorables à l'électricité qu'aux énergies fossiles.

  • Quelles solutions pour supprimer ces pointes de consommation?

Au-delà des mesures ponctuelles auxquelles sont invités les citoyens à chaque pointe de consommation et risque de coupures de courant il serait temps que la France mette en oeuvre une véritable politique énergétique pour résoudre ces problèmes plutôt que de les gérer à la petite semaine et qui soit à même d'entraîner les particuliers à modifier leur comportements de consommation et leurs choix pour les énergies les moins problématiques.


Les mesures ponctuelles: relèvent du bon sens et du civisme, il s'agit de réduire les usages de l'électricité au moment de la pointe de consommation: réduction du chauffage, éclairages superflus,appareils en veille, machines domestiques énergivores, four etc...On attendrait d'autres efforts d'économie: enseignes publicitaires , éclairage public ….qui pèse lourd dans la balance énergétique française.


Une politique énergétique: qui ne saurait évidemment reposer sur une augmentation de la production de base en multipliant par exemple les EPR, qui ne répond en rien au problème des pointes de consommation hivernale puisque le surplus de production est réalisé l'été, au moment où nul n'en n'a besoin!. De plus une telle politique pose le postulat d'une augmentation sans fin de la consommation d'énergie alors que la voie à choisir est celle au contraire d'une forte politique de réduction de la demande. Donc de consommer moins en réduisant les gaspillages , d'augmenter l'efficacité énergétique pour réduire les pertes lors du fonctionnement et de l'exploitation et- de privilégier les énergies renouvelables dans le bouquet énergétique (notamment en Bretagne et en PACA zone de tension électrique).

Les mois à venir vont révéler la capacité du gouvernement à s'engager réellement dans cette voie , les actions possibles sont nombreuses:

- incitation à l'isolation des bâtiments

- taxe carbone appliquée à l'électricité

- mise en place d'une politique tarifaire de l'électricité prenant en compte la puissance souscrite, la consommation, les surcoûts hivernaux (production, transport, distribution...),

- mise en oeuvre des objectifs fixés dans la loi Grenelle 1: consommation d'énergie primaire inférieure à 50kwh/m2/an au ler janvier 2013 pour tous les bâtiment neufs à partir de 2013 , à partir de 2011 pour les bâtiments publics et du tertiaire,

- incitation à la conversion vers les énergies renouvelables....


J. Thévenot





11/01/2010
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