Nature et Environnement en Nièvre

Nature et Environnement en Nièvre

LVNAC - La Loire dernier grand fleuve européen encore sauvage ??

   La Loire dernier grand fleuve européen encore sauvage???
                                                 


                                                      Pouilly/Loire-cliché J. Herbin
 
 C'est une évidence pour ces Nivernais amoureux de la Loire qui en promeneurs attentifs vont  en toute saison à sa rencontre . Douce petite rivière à la belle saison qui en certains passages se laisse aisément traverser, la voilà quelques mois plus tard fleuve furieux et débordant de toutes parts. La Loire peut passer de 30m3/s en étiage à 7000m3/s au Bec d'Allier !. Si ce fleuve a tant d'intérêt , est si attachant c'est  bien à cause de son caractère impétueux et fantasque, où alternent hautes et basses eaux, que les scientifiques nomment sa « dynamique fluviale »
Et il n'est qu'à revisiter des lieux que l'on connaît bien après une forte crue (type celle de 2003) pour constater le chambardement qu'elle a provoqué, au point que parfois sur la grève on  ne retrouve plus ses points de repères (expérience vécue sur le site de Béard…).  On comprend  que la Loire nivernaise puisse être qualifiée de sauvage puisque sa morphologie est constamment modifiée par les crues. Des bras morts (boires) sont réactivés, des îles apparaissent, des grèves dénudées ressurgissent  suite à l'arrachage des plantes, arbustes et arbres. Dans les méandres côté externe, où le courant est le plus fort, c'est la berge qui recule, la falaise d'érosion qui se creuse  tandis que sur la rive, côté interne de la courbe, où  la vitesse est ralentie : se déposent les sédiments et une grève va s'édifier parallèle au développement de la rive convexe . Ainsi petit à petit le lit se déplace. 
 
     La dynamique fluviale de la Loire est à la base même de sa richesse biologique. Les espaces de liberté donc elle  bénéficie  dans notre département  pour divaguer à sa guise sont à l'origine d'une mosaïque remarquable de  milieux  allant des grèves exondées à la forêt alluviale en passant par des pelouses de sable, des prairies et des landes. Cette diversité est liée à la tolérance des plantes aux submersions , à leur fréquence (le saule argenté  par exemple qui constitue la forêt alluviale à bois tendre supporte 190 jours d'inondation par an)
Et chacun de  ces milieux constituent autant d'habitats pour des espèces animales et végétales, des bactéries aux mammifères en passant par les algues, les insectes , les poissons et les oiseaux.

     Tous ces milieux sont solidaires du fleuve qui les alimente en eau.  Cet ensemble, terre et eau, constitue un gigantesque organisme vivant dont chaque élément est solidaire du tout :c'est ce qu'on nomme un écosystème.

     Elle en a subi des coups la Loire : extractions, barrages, digues, centrales nucléaires, usines… Et pourtant elle a gardé des richesses, en voie de disparition au sein de la communauté européenne, qui font aujourd'hui l'objet d'une protection dans le cadre de « Natura 2000 » nom du programme européen de conservation des milieux et des espèces –faune et flore-aujourd'hui en danger.

     La Loire est bien le dernier fleuve d'Europe  qui grâce à l'Allier a gardé un régime hydraulique à peu près naturel. Voyez le Rhône qu'une série de barrages a métamorphosé en escalier.  Ou ces grandes autoroutes à péniches que sont le Rhin, la Meuse, la Seine, la Tamise et le beau Danube bleu….  

Jacqueline Thévenot








26/02/2009
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