Nature et Environnement en Nièvre

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LVNAC - BIDOCHE : "L'industrie de la viande menace le monde" (1)

BIDOCHE : l'industrie de la viande menace le monde (1)


C'est le titre du dernier livre de Francis Nicolino* une fois de plus solidement documenté, sur l'industrie de la viande. Car c'est bien d'industrie dont il faut parler. L'auteur décrit les voies qui ont conduit au développement incessant de ces élevages intensifs , conséquence des standards de consommation de viande des sociétés occidentales qui n'arrête pas d'augmenter.

Du sort qui est réservé à ces animaux «de ferme» en passant par les impacts de cette consommation effrénée de viande et sur l'environnement et sur la santé F. Nicolino nous invite à connaître la réalité de cette «industrie» et ce faisant conduit le lecteur à se poser des questions sur  «le pourquoi et le comment de ce qu'il mange». Sinon pour décider du jour au lendemain de passer au végétarisme ... mais peut être déjà de diminuer sa consommation de viande pour sauver la planète nous dit l'auteur. Nous ajouterons et dans le souci plus égoïste cette fois, de préserver sa santé....

Sans prétendre bien sûr refléter la richesse informative de cet ouvrage, Loire Vivante vous présente quelques réflexions sur les points qui lui semble les plus marquants en s'appuyant sur les données de l'auteur (en italique).


Les élevages industriels : usines à souffrance


Jamais dans l'Histoire, l'homme n'avait, comme aujourd'hui, tyrannisé l'animal au nom du profit. Quand l'animal n'est plus qu'une «marchandise» les élevages deviennent des «usines» à viande, à lait et à oeufs et des lieux d'une cruauté «inhumaine» pour des milliard d'animaux

Aujourd'hui plus de 90% des animaux d'élevage (porcs, volailles , bovins)n'ont plus la chance de vivre en extérieur, des millions d'entre eux sont élevés en batterie, confinés leur vie durant dans des cages ou des stalles à l'intérieur d'immenses hangars sans fenêtre. Ces conditions d'existence sont appelés «élevages industriels». Dans cet environnement dénaturé, l'animal est considéré comme une simple machine à produire pour remplir nos assiettes, dont on peut faire n'importe quoi. Son existence en tant que être sensible est nié et son bien être est sacrifié à la seul rentabilité économique.





Ces animaux sont négligés, mutilés, sous alimentés gavés de médicaments, transportés parfois pendant des jours par tous les temps, puis abattus sans le moindre ménagement. Tout ça au nom d'une production maximale de viande, (lait oeufs), en un minimum de temps avec un minimum d'investissement destinée à répondre à la demande des consommateurs.

A titre d'exemple : «En 1950 il faut 110 jours pour faire un poulet fermier de 1,3 à1,5kg en moyenne. En 1978, un poulet standardisé (en moyenne 1,8Kg) est tué entre 50 et 56 jours et il suffit de 2 à 2,1 kg de nourriture contre 4,5 kg en 1950».


C'est cette course au profit qui a conduit, lors de l'épizootie de fièvre aphteuse (maladie ancienne et qui ne contamine pas l'homme) partie de Grande Bretagne, en 2001, à l'abattage de troupeaux entiers, suivi de bûchers dressés dans la campagne pour incinérer des millions de carcasses désarticulées et amoncelées que maniaient les pelleteuses. La TV a diffusé pendant plusieurs semaines les images insoutenables de cet holocauste animalier uniquement justifié par des considérations financières : l'abattage était moins onéreux que la vaccination qui pénalisait les exportations!; Tous ces animaux ont été sacrifiés pour rien -pour que nous ne les mangions pas- avec des méthodes d'une barbarie inimaginable à notre époque.



C'est pour éviter l'effondrement des cours lors de la crise de la vache folle (il serait plus juste de parler des éleveurs fous ...) que des milliers de veaux issus du cheptel laitier ont été abattus à moins de 20 jours et transformés en aliments pour chiens et chats.

Des animaux ont été traités comme des choux-fleurs en excédent sur le marché. Et pour chaque animal vendu dans ces conditions, l'éleveur a reçu une prime.


Et que dire de la génétique appliquée à l'élevage industriel qui confine à l'horreur : production de poulets sans plumes, de vache sans panse (pour accélérer le processus de digestion) des cochons aveugles qui seraient plus occupés à manger que des cochons normaux, donc grossiraient plus vite. Sans oublier le clonage et toutes les applications du génie génétique pour augmenter la fertilité et la prolificité des porcs notamment, diminuer le stress etc ... Toutes opérations qui outre les souffrances qu'elles peuvent engendrer soulève le problème de l'appropriation des animaux par l'homme.


Ce système industriel de production intrinsèquement porteur d'une violence organisée contre des milliard d'animaux dans le monde, pose un problème d'éthique* et doit nous conduire en tant que humain à nous interroger sur notre responsabilité à leur égard, dès lors qu'ils sont des êtres vivants sensibles qui partagent avec nous la capacité de souffrir et qu'il est indigne de l'homme de maltraiter en connaissance de cause.


Une partie de plus en plus grande du corps social déplore les conditions dans lesquelles sont maintenus ces animaux et exprime une demande de «bien être» animal. Il est illusoire d'attendre de ce système industriel rivé à la recherche du profit maximum, au mains d'une puissante industrie de la viande et de ses lobbies , qu'il se préoccupe de la souffrance des animaux qu'il exploite. Les progrès de la règlementation européenne sont minimes. Et que dire de la France, premier producteur de foie gras, troisième de volailles ( produits à 60% en Bretagne ...) et lanterne rouge en matière de protection animale.


Pour venir en aide aux animaux d'élevage il faut d'abord et avant tout ouvrir les yeux sur leurs souffrances et ne pas les cautionner dans nos gestes de consommateurs. Tant que nous achèterons des produits de l'élevage industriel et que nous consommerons en grande quantité, le sort de ces animaux restera inchangé.


*auteur notamment de

          - La faim, la bagnole, le blé et nous /Fayard 2007

    - Pesticides , révélations d'un scandale français en collaboration avec F. Veillerette /Fayard 2007

    - Bidoche … est publié chez LLL (Les Liens qui Libèrent)

*éthique animale /Jean-Baptiste Jengène Vilmer-PUF 2008 présente une importante bibliographie sur le sujet



J. Thévenot




31/10/2009
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