Nature et Environnement en Nièvre

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DECAVIPEC - Phytosanitaires : la nouvelle législation européenne

 

Phytosanitaires : la nouvelle législation européenne




On annonce l'interdiction des molécules les plus toxiques, qu'en est-il ?



Après 3 ans de discussions, le « pack pesticides » a été voté en janvier 2009, aboutissant à une nouvelle législation composée de 2 textes :

  • Un règlement que chaque pays appliquera pour la mise sur le marché de ces produits fin 2010

  • Une directive-cadre sur l'utilisation durable des pesticides mise en œuvre dans chaque Etat début 2011.



Concrètement qu'en penser ?


La Confédération paysanne, et nous sommes en accord avec elle déclare : « …une molécule, si elle est dangereuse, doit être interdite sans délai… ».


La principale mesure du règlement va aboutir à l'interdiction progressive des plus toxiques, notamment les molécules CMR (cancérigènes, mutagènes et reprotoxiques) de catégorie 1 ou 2, les PBT (molécules persistantes, bioaccumulatives et toxiques), ainsi que celles qui perturbent le système endocrinien, PE.


Plusieurs listes de ces substances sont connues en particulier la liste suédoise dont découlerait le passage à la trappe de 22 produits sur les 500 actuellement homologués dans l'Union Européenne. C'est le cas de fongicides céréales, pommes de terre et arbres fruitiers.


L'industrie chimique et la profession agricole se sont élevés contre cette possible suppression en effet pour eux la priorité serait : « de veiller à la sécurité des cultures et d'éviter tout phénomène de résistance », priorité passant avant le respect de la santé et de l'environnement….


Et pourtant si on regarde de près ces interdictions, les délais nous semblent très longs puisque étalés sur 10 ans : en exemple le Glufosinate herbicide CMR serait supprimé en 2017, les fongicides PE Tébuconazole et Epoxiconazole en 2018.

Pourquoi ces délais, c'est simple l'interdiction d'une molécule, malgré sa toxicité reconnue, n'interviendra qu'à échéance de son autorisation actuelle.


En France cette directive a été anticipée par le Plan Ecophyto 2018 :

  • Retrait fin 2008 de 27 molécules (mais certaines étaient déjà interdites au niveau de l'UE)

  • 3 autres fin 2009 (dans la liste suédoise : Carbendazine, Molinate, Dinocap)

  • 10 autres dites « préoccupantes » en 2010 et 13 en 2012.

  • Mise en place d'un réseau épidémiosurveillance

  • Interdiction de pulvérisation aérienne

  • Instauration de mesures appropriées pour protéger l'environnement aquatique et les captages d'eau potable, y compris dans les zones tampons le long des cours d'eau et à proximité des nappes phréatiques.

  • Afin d'acquérir une certification obligatoire pour l'achat et l'application de produits phytosanitaires en 2014, les 300 000 agriculteurs et salariés d'exploitation doivent se former.


Ce dernier point serait le levier le plus puissant pour changer les pratiques. Ces professionnels en effet font semblant d'ignorer qu'ils sont les premières victimes de l'utilisation de ces poisons. Les cancers et les maladies neurodégénératives augmentent de façon considérable chez les personnes jeunes et les enfants, les faits sont têtus et les statistiques sont là pour l'établir. Des leucémies, des maladies de Parkinson sont reconnues comme maladies professionnelles chez les utilisateurs.


On peut regretter que l'objectif chiffré de réduction des volumes de 50% pour les produits dangereux n'ait pas été retenu dans cette nouvelle législation.


Chaque pays membre de l'UE aura toute latitude pour légiférer encore plus, mais le lobby des fabricants de ces molécules est très puissant. L'industrie chimique, nous en sommes certains, mettra sur le marché de nouveaux produits dangereux (ils les ont déjà sous le coude), et le temps qu'ils soient interdits….la réduction des risques et les conséquences de leur utilisation ne sont pas pour aujourd'hui, mais nous le souhaitons pour demain.


Dans la Nièvre les dérogations pour les dépassements du taux des phytosanitaires sont nombreuses, un exemple le canton de Prémery : autour du captage des eaux de Giry le pâturage est devenu champ de culture, lorsque l'on traite le colza on peut trouver des taux d'herbicides de 60 fois la norme pour au moins 2 molécules… moi j'ai choisi de ne plus en boire, j'achète de l'eau de source en bouteille plastique. Le captage de Nolay serait un des plus mauvais en taux de nitrates du département, la solution sera la fermeture ainsi nous cassons le thermomètre, on ne mesurera plus les nitrates et le tour est joué.


Le traitement de l'eau coûte très cher, seule solution l'arrêt des pollutions à la source, certaines villes étrangères l'ont compris et fait appliquer. Agriculteurs français devenez raisonnables : moins de rendement moins de dépenses en produits qui polluent l'air, le sol, l'eau...détériorent votre santé…et la nôtre.



Danièle Auclin



23/05/2009
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