Nature et Environnement en Nièvre

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DECAVIPEC - Histoire récente du site industriel de Prémery (6) - SNR (3)

Le site industriel de Prémery : un peu d'histoire (6)

 

SNR - 3

 

 

Enquête publique – installation- 3 ans d'exploitation

 

L'enquête publique se déroule en mars 2005, le dossier étudié par Loire Vivante et DECAVIPEC nous paraît incomplet, insuffisant dans les études d'impact et des dangers. Impasse complète sur la circulation vers le site et à l'intérieur, absence de plans sur les eaux de ruissellement, pluviales etc ...

 

Nous demandons une réunion publique, le commissaire enquêteur nous la refuse aussitôt sans demande d'avis de la préfecture. Nous obtenons cependant une réunion restreinte avec Roger Mylle futur responsable de l'entreprise, le bureau d'étude ayant réalisé le dossier, mais sont présents aussi le maire et deux adjoints. 

 

Les responsables n'apporteront aucune réponse à nos questions … C'est maintenant une évidence ce dossier doit aboutir coûte que coûte.

 

La DIREN, la DASS, la DRIRE donnent un avis défavorable mais seule la DIREN maintiendra cet avis après quelques «pressions». Lors du CODERST précédant l'autorisation les membres s'étonnent d'avoir à donner leur avis sur un dossier aussi incomplet, le pétitionnaire n'a apporté aucune lumière sur les points litigieux et au contraire discute de nombreux articles de ce futur arrêté d'autorisation, en fait il le rédige pratiquement lui-même … Le secrétaire général explique que «ce dossier a fait l'objet d'engagements en terme de délais de la part du préfet …» Nous sommes en face d'une parodie de procédure ….

 

L'arrêté est signé le 1er août 2005, l'entreprise est déjà toute aménagée … Les premiers résultats d'analyses des rejets arrivent en 2006, très mauvais pour de nombreux paramètres (CO, dioxines, métaux lourds etc …), mais on continuera sans contraintes pour l'exploitant.

 

Le 21 avril 2006 un incendie se déclare dans les filtres (installés, je le rappelle, sans avis des services de l'Etat), ceux-ci chargés de polluants brûleront de 12hà 20h. L'installation de traitement des effluents gazeux est hors service, Monsieur Bourbon décide alors de passer outre et de fonctionner sans cet équipement. La DRIRE se montrera intraitable, la reprise de l'activité s'effectuera dans les conditions fixées par un AP, après 8 jours d'arrêt.

 

Venant tous les jours de Boulon, je me suis aperçue que la commune de Prémery était chapeautée par un nuage gris, j'ai pris la décision d'observer les rejets de SNR et là, constat édifiant, les rejets de fumées s'effectuaient par la toiture et les ouvertures, parfois le jour et plus particulièrement la nuit.

 

Ainsi la plupart des rejets n'étaient pas filtrés, et les résultats des rejets sont toujours au-dessus des normes autorisées !!! Alors si tous les rejets étaient analysés, les résultats auraient saturé les appareils…

 

Le préfet et la DRIRE prévenus sont très «lents» à agir, une émission sur France Inter «les lingots de la colère», dénonçant les pollutions des Yvelines et de Prémery fera bouger et provoquera, enfin, des réactions. En effet, le Directeur de la DRIRE de Dijon viendra en pleine nuit constater les rejets avec deux membres de l'association, et cette nuit là nous serons exaucés : les fumées rejetées par la toiture ont donné un spectacle nous laissant sans voix …. Deux visites inopinées de la DRIRE suivront, les constats de non-conformité seront édifiants, notamment la découverte de 25 tonnes de produits dangereux. Les employés étaient obligés de jeter ces poudres dans les fours, le métal étant en fusion, avec des seaux sans protection (masques, lunettes, vêtements etc.), l'inspection du travail a eu cette phrase : «cela fonctionne comme au XIX ème siècle !».

 

Nous avons aussi observé des livraisons nocturnes par des camions venant des pays de l'Est. Aucun «bilan matière» (registre mentionnant l'origine, la provenance, la nature des déchets à traiter etc …), pourtant obligatoire, ne sera fourni durant ces trois années d'activité. Les rejets d'huiles hydrauliques et huiles de coupe allaient directement dans la rivière … la Nièvre !

 

Monsieur le préfet «contrarié» par ces constats prépare un arrêté de mise en demeure, nous sommes en juin 2008, mais celui-ci ne sera jamais signé ...

 

La suite de cette aventure mais pas la fin vous sera expliquée dans l'article n° 7….

 

 

 

Danièle AUCLIN



07/04/2009
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