Nature et Environnement en Nièvre

Nature et Environnement en Nièvre

DECAVIPEC - Evolution de l'impact sur l'eau et l'air des industries nivernaises

Evolution de l’impact sur l’eau et l’air

des industries nivernaises(*)

 

 

 

Les DRIRE ont la charge depuis les années 1970 des Installations Classées pour la Protection de l’Environnement (ICPE).

 

La subdivision de Nevers a préparé un document présentant le bilan sur les pollutions générées par les sites classés, à partir de données sur les paramètres contrôlés concernant l’eau et l’air.

 

L’analyse globale permet, certes de démontrer une amélioration en réduisant les impacts sur l’environnement, mais, comme le reconnaît le DRIRE, il faut amplifier les efforts entrepris par certains industriels afin de «mieux intégrer le développement durable dans la démarche de croissance économique de nos sociétés modernes».

 

Les activités industrielles et agricoles sont à l’origine des pollutions et nuisances pour l’environnement et donc des risques potentiels pour la santé humaine. Elles sont également responsables de plus de la moitié de la pollution organique et de la plus grande partie des rejets toxiques dans l’eau et l’air.

 

La loi Grenelle, dans le domaine de l’eau, a pour objectif d’atteindre d’ici à 2015 le bon état écologique des masses d’eau. La qualité de l’air fait elle aussi partie intégrante de cette loi au travers de la prévention des risques pour l’environnement et la santé.

 

Même si les coûts de ces changements sont importants, d’un point de vue économique, que sont-ils face à la valeur intrinsèque de la biodiversité de nos cours d’eau et de notre air, et par-delà, de notre propre santé et celle de nos enfants ? Les contraintes mises en place par la réglementation environnementale permettent la modernisation des installations et participent ainsi à l’amélioration de la compétitivité.

 

«Une entreprise polluante n’est pas viable» 

 

La subdivision environnement de la DRIRE de Nevers a retenu 11 entreprises nivernaises soumises à la réglementation sur les installations classées pour la protection de l’environnement pour établir ce bilan.

 

Prélèvements d’eau

 

Les prélèvements industriels dans les réseaux d’eau potable ne représentent que 2% (composition des produits fabriqués). En 1995 la quantité prélevée s’élevait à 20 millions de m3, en 2008 la baisse enregistrée est de plus de 50%, 9,5 millions de m3 prélevés dans les cours d’eau et les nappes phréatiques. En 2010 ARCELOR Mittal devrait diminuer ses prélèvements de 2 millions de m3 avec l’installation d’un circuit de refroidissement en réseau fermé.

 

Rejets dans le milieu naturel

 

On appelle pollution de l’eau toute modification de sa composition ayant un caractère gênant ou nuisible pour les usages humains, la faune et la flore. Par les rejets urbains (35%), agricoles (50%) et industriels (15%) les pollutions se retrouvent dans le milieu naturel, eaux souterraines, superficielles et mer.

 

Les contrôles des rejets industriels sont effectués par auto-surveillance et par contrôles inopinés demandés par la DRIRE (réalisés par des organismes indépendants). Les différentes pollutions aquatiques sont dues à :

 

  • Pollution organique
  • Pollution par les matières en suspension
  • Pollution azotée et phosphorée
  • Pollution par les toxiques
  • Pollution physique (température)

Conclusion : Le bilan global sur les entreprises nivernaises retenues fait apparaître une nette amélioration sur la réduction et le traitement de leurs effluents. On peut donc supposer que l’état du milieu aquatique est dans une phase d’amélioration de sa qualité physico-chimique. D’un point de vue biologique, les conséquences des rejets passés, en revanche, peuvent avoir une certaine rémanence.

 

Rejets atmosphériques

 

On appelle pollution de l’air toute modification de la composition de l’atmosphère ayant un caractère gênant ou nuisible pour la santé humaine, pour l’environnement et pour le patrimoine.

 

Le département de la Nièvre est peu venté, les possibilités de dispersion des polluants atmosphériques sont donc plus réduites. Le secteur industriel et énergétique, y compris le traitement des déchets est générateur de pollution.

 

Parmi les principaux polluants on peut citer :

 

  • Les oxydes d’azote
  • L’acide chlorhydrique
  • Les composés organiques volatiles (COV)
  • Les poussières
  • Le monoxyde de carbone
  • L’ozone
  • Les métaux lourds (plomb, cadmium, mercure…etc.)
  • Les dioxines et furannes

 

L’industriel est responsable du contrôle de la qualité de ses rejets par auto-surveillance. Des contrôles inopinés peuvent être demandés par la DRIRE.

 

Dans la Nièvre 14 entreprises émettent les plus grandes quantités de rejets atmosphériques, seules 3 sont présentées dans le bilan, car pour  beaucoup d’entre-elles, les arrêtés préfectoraux d’autorisation déjà anciens, n’incluent pas de prescriptions vis-à vis des rejets atmosphériques.

Il s’agit de Sornival (usine d’incinération des ordures ménagères de Fourchambault), Sobral (repreneur de SNR, fonderie d’aluminium recyclé) de Prémery, et Valéo de Nevers (fabrication de serrures et antivols).

 

Sornival : rejets inférieurs aux normes prescrites sauf pour les oxydes d’azote, dépassement constaté en contrôle inopiné.

 

Valéo : rejets inférieurs aux normes prescrites sauf pour le cyanure qui reste supérieur mais en constante diminution.

 

Sobral – SNR : dépassements des poussières, du monoxyde de carbone, des COV, des métaux lourds et dépassements importants des dioxines  en mars 2006 et mars 2008.                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                               

 

Cette entreprise très récente, 2005, est en incapacité technique de respecter les prescriptions de son arrêté préfectoral d’autorisation. Cette installation a été réalisée avec les aides financières de l’Etat (1,5 million d’euros pour la partie investissement). On peut émettre des doutes sur la valeur de ces résultats puisque d’une part  les analyses sont effectuées pour les paramètres COV, métaux lourds et dioxines 6 heures une fois par trimestre, à un moment choisi par l’exploitant et d’autre part il s’agit ici des rejets canalisés, alors que la DRIRE a constaté de nombreux rejets diffus non filtrés. Cette entreprise utilisait aussi des produits non déclarés, toxiques et dangereux. La zone industrielle se trouve à l’ouest de Prémery, des habitations sont situées en limite de cette zone et la commune est entourée de collines empêchant toute dispersion des pollutions.

 

 

Conclusion

 

De nouvelles prescriptions, plus précises et plus restrictives, un renforcement de la surveillance, notamment comme le demande expressément DECAVIPEC par des contrôles en continu sur de plus nombreux paramètres, permettront sûrement une amélioration dans l’évolution des rejets atmosphériques.

 

 

Danièle Auclin

 

 

(*) Synthèse du document élaboré par la DRIRE de Nevers et remis aux membres du CODERST


03/08/2009
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